Pascal, Pensées, S 680–687

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The reading is Sellier 680–7, which is Lafuma 418–35, or

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Sellier–La Guern–Lafuma–Brunschvicg.

Summary

We have here le discours de la machine, promised in the first reading, Ordre, first in S 39, L 5, B 247:

Une lettre d’exhortation à un ami pour le porter à chercher. ¶ Et il répondra : Mais à quoi me servira de chercher ? Rien ne paraît. ¶ Et lui répondre : Ne désespérez pas. ¶ Et il répondrait qu’il serait heureux de trouver quelque lumière, mais que selon cette religion même, quand il croirait ainsi, cela ne lui servirait de rien et qu’ainsi il aime autant ne point chercher. ¶ Et à cela lui répondre : La machine.

See also 41–7–248, Lettre qui marque l’utilité des preuves, par la machine. La foi est différente de la preuve. L’une est humaine, l’autre est un don de Dieu … ; then 45–11–246 Ordre. Après la lettre qu’on doit chercher Dieu, faire la lettre d’ôter les obstacles, qui est le discours de la machine, de préparer la machine, de chercher par raison. There is also Vanité, 59–25–308:

La coutume de voir les rois accompagnés de gardes, de tambours, d’officiers et de toutes les choses qui ploient la machine vers le respect et la terreur fait que leur visage, quand il est quelquefois seul et sans ses accompagnements imprime dans leurs sujets le respect et la terreur …

  • Preuves par discours I (SÉRIE II)

    • Fragment n° 1 / 1, S 680

      • 418–233 The wager. If death is the end, you can get a finite amount of pleasure out of life. If death is not the end, and you play your cards right, you can win infinite happiness. So you had better try. You do this by acting as if you had faith: cela vous fera croire et vous abêtira.

      • 422–535 We are obliged to those who show us our faults.

      • 419–89 Custom is nature. By being accustomed to faith, you believe.

      • 420–231 You can learn that an infinite indivisible thing is possible.

      • 421–477 That we are not worth loving, but want it anyway, is one aspect of original sin.

      • (421)–606 No other religion teaches this or has always been around.

      • 426–542 Only Christianity, and not honorability, makes us both lovable and happy.

      • 424–278 Not reason, but the heart knows (or rather feels) God.

      • 423–277 The heart has its reasons that reason doesn’t know.

      • 425–604 The only science that is against nature and common sense is the only one that has always been around.

  • Preuves par discours II (SÉRIE III)

    • Fragment n° 1 / 7 (681–427–194) Everything depends on whether there’s a chance for eternal happiness. It’s not good to doubt, but it’s worse not to try to dispel the doubt.

    • Fragment n° 2 / 7 S 682

      • 428–195 Yes, it’s really bad.

      • 429–229 Those who do not doubt are enviable.

    • Fragment n° 3 / 7 S 683

      • 430–431 Some say you can be like God; others, that you are a lowly worm.

      • 431–560 The impious show us that we are corrupt; the Jews, that we can be redeemed.

  • (Preuves par discours II) SÉRIE IV

    • Fragment n° 4 / 7 (684–432–?) “The three conditions,” perhaps of knowing God, of seeking him, and of not even bothering.

    • Fragment n° 5 / 7 (685–433–783) Psalm 2.

      WHY do the heathen rage, and the people imagine a vain thing?
      2 The kings of the earth set themselves, and the rulers take counsel together, against the Lord, and against his anointed, saying,
      3 Let us break their bands asunder, and cast away their cords from us.
      4 He that sitteth in the heavens shall laugh: the Lord shall have them in derision.
      5 Then shall he speak unto them in his wrath, and vex them in his sore displeasure.
      6 Yet have I set my king upon my holy hill of Zion.
      7 I will declare the decree: the Lord hath said unto me, Thou art my Son; this day have I begotten thee.

    • Fragment n° 6 / 7 (686–434–199) Imagine condemned men chained, seeing their fellows put to death day by day.

    • Fragment n° 7 / 7 (687–435–621) After the Creation and the Flood, God started making a People.

Preuves par discours I (SÉRIE II)

Fragment n° 1 / 1

680–397–418–233

Infini rien.

——

Notre âme est jetée dans le corps où elle trouve nombre, temps, dimensions, elle raisonne là‑dessus et appelle cela nature, nécessité, et ne peut croire autre chose.

——

L’unité jointe à l’infini ne l’augmente de rien, non plus qu’un pied à une mesure infinie, le fini s’anéantit en présence de l’infini et devient un pur néant. Ainsi notre esprit devant Dieu. Ainsi notre justice devant la justice divine. Il n’y a pas si grande disproportion entre notre justice et celle de Dieu qu’entre l’unité et l’infini.

——

Il faut que la justice de Dieu soit énorme comme sa miséricorde. Or la justice envers les réprouvés est moins énorme et doit moins choquer que la miséricorde envers les élus.

——

Nous connaissons qu’il y a un infini, et ignorons sa nature, comme nous savons qu’il est faux que les nombres soient finis, donc il est vrai qu’il y a un infini en nombre, mais nous ne savons ce qu’il est. Il est faux qu’il soit pair, il est faux qu’il soit impair, car en ajoutant l’unité il ne change point de nature. Cependant c’est un nombre, et tout nombre est pair ou impair. Il est vrai que cela s’entend de tout nombre fini.

Ainsi on peut bien connaître qu’il y a un Dieu sans savoir ce qu’il est.

Pascal has perhaps just exemplified the intuitionist objection to proof by contradiction.

——

Nous connaissons donc l’existence et la nature du fini parce que nous sommes finis et étendus comme lui.

Nous connaissons l’existence de l’infini, et ignorons sa nature, parce qu’il a étendue comme nous, mais non pas des bornes comme nous.

Mais nous ne connaissons ni l’existence ni la nature de Dieu, parce qu’il n’a ni étendue, ni bornes.

Our bodies may be extended and finite; but on what basis are we said to be? Collingwood raises the objection in Religion and Philosophy (1916; pp. 97, 151–2), using an argument like Pascal’s, that the infinite cannot be reached, bit by bit.

Many people maintain that personality, in its very meaning, implies limitation, finitude, imperfection, distinction from other persons, and the like.

God and man are identified in one person, concretely identified, that is identified not only fully but also in the highest possible sense, when a human being has an individuality of his own, identified with that of God in the unity of all his thought and action with the divine knowledge and the divine purpose. This ideal person, in whom Godhead and manhood not only coexist but coincide, I shall call the Christ …

It may be objected to such a conception, that the supposed union is impossible because no one man – no single individual – can comprehend completely the nature, and identify himself with the purpose, of God the absolute mind. The knowledge and manifestation of God are, it may be said, attained little by little, through an infinite process of historical growth and develop­ment …

… And yet if God is infinite and each manifestation of him is finite, how can any number of manifestations come any nearer to expressing his full nature? A large number of units is no nearer infinity than a single one. Again, is it really justifiable to describe a human personality as finite at all? We saw reason to maintain in a former chapter that a mind was only definable in terms of the object of which it was conscious; and if God is infinite and man is really conscious of God, it seems to follow that man thereby becomes infinite. It is sometimes said that for this very reason man can never know God; but to lay down a priori what a given mind can and what it cannot know in virtue of its own constitution is to begin at the wrong end. The mind is what it makes itself; and its finitude or infinity (if the words mean anything) consists merely in its failure or success in the attainment of its desire.

To be Christian is to deny our finitude. Pascal then is engaged in a proof by contradiction. He will say in (680)–(397)–420–231, il vous reste infiniment à savoir.

——

Mais par la foi nous connaissons son existence, par la gloire nous connaîtrons sa nature.

Or j’ai déjà montré qu’on peut bien connaître l’existence d’une chose sans connaître sa nature.

Parlons maintenant selon les lumières naturelles.

S’il y a un Dieu, il est infiniment incompréhensible, puisque n’ayant ni parties ni bornes il n’a nul rapport à nous. Nous sommes donc incapables de connaître ni ce qu’il est, ni s’il est. Cela étant, qui osera entreprendre de résoudre cette question ? Ce n’est pas nous qui n’avons aucun rapport à lui.

Qui blâmera donc les chrétiens de ne pouvoir rendre raison de leur créance, eux qui professent une religion dont ils ne peuvent rendre raison ? Ils déclarent en l’exposant au monde que c’est une sottise, stultitiam : et puis vous vous plaignez de ce qu’ils ne la prouvent pas. S’ils la prouvaient, ils ne tiendraient pas parole. C’est en manquant de preuve qu’ils ne manquent pas de sens. – Oui, mais encore que cela excuse ceux qui l’offrent telle, et que cela les ôte du blâme de la produire sans raison, cela n’excuse pas ceux qui la reçoivent. Examinons donc ce point et disons : Dieu est ou il n’est pas. Mais de quel côté pencherons‑nous ? La raison n’y peut rien déterminer. Il y a un chaos infini qui nous sépare. Il se joue un jeu à l’extrémité de cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile. Que gagerez‑vous ? Par raison vous ne pouvez faire ni l’un ni l’autre. Par raison vous ne pouvez défendre nul des deux.

Ne blâmez donc pas de fausseté ceux qui ont pris un choix, car vous n’en savez rien. – Non, mais je les blâmerai d’avoir fait, non ce choix, mais un choix, car encore que celui qui prend croix et l’autre soient en pareille faute, ils sont tous deux en faute. Le juste est de ne point parier.

Oui, mais il faut parier. Cela n’est pas volontaire, vous êtes embarqué. Lequel prendrez‑vous donc ? Voyons. Puisqu’il faut choisir, voyons ce qui vous intéresse le moins. Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses à engager, votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude ; et votre nature a deux choses à fuir, l’erreur et la misère. Votre raison n’est pas plus blessée, puisqu’il faut nécessairement choisir, en choisissant l’un que l’autre. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout, si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est sans hésiter. – Cela est admirable. Oui, il faut gager. Mais je gage peut‑être trop. Voyons. Puisqu’il y a pareil hasard de gain et de perte, si vous n’aviez qu’à gagner deux vies pour une, vous pourriez encore gager. Mais s’il y en avait trois à gagner, il faudrait jouer (puisque vous êtes dans la nécessité de jouer), et vous seriez imprudent, lorsque vous êtes forcé à jouer, de ne pas hasarder votre vie pour en gagner trois à un jeu où il y a pareil hasard de perte et de gain. Mais il y a une éternité de vie et de bonheur. Et cela étant, quand il y aurait une infinité de hasards dont un seul serait pour vous, vous auriez encore raison de gager un pour avoir deux, et vous agiriez de mauvais sens, étant obligé à jouer, de refuser de jouer une vie contre trois à un jeu où d’une infinité de hasards il y en a un pour vous, s’il y avait une infinité de vie infiniment heureuse à gagner : mais il y a ici une infinité de vie infiniment heureuse à gagner, un hasard de gain contre un nombre fini de hasards de perte, et ce que vous jouez est fini. Cela ôte tout parti. Partout où est l’infini et où il n’y a pas infinité de hasards de perte contre celui de gain, il n’y a point à balancer, il faut tout donner. Et ainsi, quand on est forcé à jouer, il faut renoncer à la raison pour garder la vie plutôt que de la hasarder pour le gain infini aussi prêt à arriver que la perte du néant.

Car il ne sert de rien de dire qu’il est incertain si on gagnera, et qu’il est certain qu’on hasarde, et que l’infinie distance qui est entre la certitude de ce qu’on s’expose et l’incertitude de ce qu’on gagnera égale le bien fini qu’on expose certainement à l’infini qui est incertain. Cela n’est pas ainsi. Tout joueur hasarde avec certitude, pour gagner avec incertitude, et néanmoins il hasarde certainement le fini pour gagner incertainement le fini, sans pécher contre la raison. Il n’y a pas infinité de distance entre cette certitude de ce qu’on s’expose et l’incertitude du gain. Cela est faux. Il y a à la vérité infinité entre la certitude de gagner et la certitude de perdre, mais l’incertitude de gagner est proportionnée à la certitude de ce qu’on hasarde selon la proportion des hasards de gain et de perte. Et de là vient que, s’il y a autant de hasards d’un côté que de l’autre, le parti est à jouer égal contre égal. Et alors la certitude de ce qu’on s’expose est égale à l’incertitude du gain, tant s’en faut qu’elle en soit infiniment distante. Et ainsi notre proposition est dans une force infinie, quand il y a le fini à hasarder, à un jeu où il y a pareils hasards de gain que de perte, et l’infini à gagner.

Cela est démonstratif, et si les hommes sont capables de quelque vérité celle‑là l’est.

– Je le confesse, je l’avoue, mais encore … N’y a‑t‑il point moyen de voir le dessous du jeu ? Oui, l’Écriture et le reste, etc. – Oui, mais j’ai les mains liées et la bouche muette. On me force à parier, et je ne suis pas en liberté, on ne me relâche pas. Et je suis fait d’une telle sorte que je ne puis croire. Que voulez-vous donc que je fasse ? Il est vrai. Mais apprenez au moins que votre impuissance à croire, puisque la raison vous y porte et que néanmoins vous ne le pouvez, vient de vos passions. Travaillez donc, non pas à vous convaincre par l’augmentation des preuves de Dieu, mais par la diminution de vos passions. Vous voulez aller à la foi et vous n’en savez pas le chemin. Vous voulez vous guérir de l’infidélité et vous en demandez les remèdes. Apprenez de ceux qui ont été liés comme vous et qui parient maintenant tout leur bien, ce sont gens qui savent ce chemin que vous voudriez suivre et guéris d’un mal dont vous voulez guérir. Suivez la manière par où ils ont commencé. C’est en faisant tout comme s’ils croyaient, en prenant de l’eau bénite, en faisant dire des messes, etc. Naturellement même cela vous fera croire et vous abêtira. – Mais c’est ce que je crains. Et pourquoi ? Qu’avez‑vous à perdre ? Mais pour vous montrer que cela y mène, c’est que cela diminue les passions qui sont vos grands obstacles, etc.

– Ô ce discours me transporte, me ravit, etc. Si ce discours vous plaît et vous semble fort, sachez qu’il est fait par un homme qui s’est mis à genoux auparavant et après, pour prier cet Être infini et sans parties, auquel il soumet tout le sien, de se soumettre aussi le vôtre, pour votre propre bien et pour sa gloire, et qu’ainsi la force s’accorde avec cette bassesse.

Fin de ce discours.

 

Or quel mal vous arrivera‑t‑il en prenant ce parti ? Vous serez fidèle, honnête, humble, reconnaissant, bienfaisant, ami sincère, véritable … À la vérité vous ne serez point dans les plaisirs empestés, dans la gloire, dans les délices. Mais n’en aurez‑vous point d’autres ?

Je vous dis que vous y gagnerez en cette vie, et qu’à chaque pas que vous ferez dans ce chemin, vous verrez tant de certitude de gain et tant de néant de ce que vous hasardez, que vous connaîtrez à la fin que vous avez parié pour une chose certaine, infinie, pour laquelle vous n’avez rien donné.


N’y a‑t‑il point une vérité substantielle, voyant tant de choses vraies qui ne sont point la vérité même ?

Says Pascal, par la foi nous connaissons son existence, par la gloire nous connaîtrons sa nature … Qui blâmera donc les chrétiens de ne pouvoir rendre raison de leur créance ? Read this créance (our “credence”) as an absolute presupposition in the sense of Collingwood. Then of course there is no reason for it; rather, it is the reason for any conclusions based on it. Meanwhile, il faut parier. Cela n’est pas volontaire. You do believe something; what then is it?

A strange suggestion: Naturellement même cela vous fera croire et vous abêtira, that is,

  • “Even this will naturally make you believe, and deaden your acuteness” (Trotter);

  • “This will make you believe naturally and mechanically” (Ariew).

Why is this to be desired? Ariew adds a note:

Pascal’s word is abêtira – literally, will make you more like the beasts. Man is in part a beast or machine, and one needs to allow that part its proper function: that is, one needs to act dispassionately or mechanically.

The spelling was abestir in Pascal’s time, and here is Furetière’s definition:

ABESTIR. v. act. Rendre un homme ſtupide & ſemblable à une beſte à force de mauvais traittemens. Il a abeſti ſon valet. ſon fils eſt tout abeſti. Nabucodonoſor fut abeſti par un juſte jugement de Dieu. les yvrognes s’abeſtiſſent par l’excez du vin. les afflictions, la ſolitude abeſtiſſent les gens.

Pascal is addressing somebody of whom he can say, Vous voulez vous guérir de l’infidélité et vous en demandez les remèdes. Being disciplined or trained like an animal might be considered a remedy.

Can such a remedy lead to what is said, after the Fin de ce discours, to the listener? Vous serez fidèle, honnête, humble, reconnaissant, bienfaisant, ami sincère, véritable …

Meanwhile, I note that the explicit advice, Suivez la manière par où ils ont commencé. C’est en faisant tout comme s’ils croyaient, is given to the character of Larry, as he reports in Maugham’s novel, The Razor’s Edge (1944):

When I told Father Ensheim all this he asked me: ‘Then you’ve been reading for four years? Where have you got?’

 ‘Nowhere,’ I said.

He looked at me with an air of such radiant benignity that I was confused. I didn’t know what I’d done to arouse so much feeling in him. He softly drummed his fingers on the table as though he were turning a notion over in his mind.

 ‘Our wise old Church,’ he said then, ‘has discovered that if you will act as if you believed belief will be granted to you; if you pray with doubt, but pray with sincerity, your doubt will be dispelled; if you will surrender yourself to the beauty of that liturgy the power of which over the human spirit has been proved by the experience of the ages, peace will descend upon you. I am returning to my monastery in a little while. Why don’t you come and spend a few weeks with us? You can work in the fields with our lay brothers; you can read in our library. It will be an experience no less interesting than working in a coal mine or on a German farm.’

 ‘Why do you suggest it?’ I asked.

 ‘I’ve been observing you for three months,’ he said. ‘Perhaps I know you better than you know yourself. The distance that separates you from faith is no greater than the thickness of a cigarette paper.’

I didn’t say anything to that. It gave me a funny sort of feeling, as though someone had got hold of my heartstrings and were giving them a tug. At last I said I’d think about it. He dropped the subject. For the rest of Father Ensheim’s stay in Bonn we never spoke of anything connected with religion again …

(680)–(397)–422–535

On a bien de l’obligation à ceux qui avertissent des défauts. Car ils mortifient ; ils apprennent qu’on a été méprisé, ils n’empêchent pas qu’on ne le soit à l’avenir, car on a bien d’autres défauts pour l’être. Ils préparent l’exercice de la correction, et l’exemption d’un défaut.

(680)–(397)–419–89

La coutume est la nature. Qui s’accoutume à la foi la croit, et ne peut plus ne pas craindre l’enfer, et ne croit autre chose. Qui s’accoutume à croire que le roi est terrible, etc. Qui doute donc que notre âme, étant accoutumée à voir nombre, espace, mouvement, croie cela et rien que cela ?

Echoing from 680–397–418–233 the opening and concluding advice:

Notre âme est jetée dans le corps où elle trouve nombre, temps, dimensions, elle raisonne là‑dessus et appelle cela nature, nécessité, et ne peut croire autre chose.

Suivez la manière par où ils ont commencé. C’est en faisant tout comme s’ils croyaient.

(680)–(397)–420–231

Croyez‑vous qu’il soit impossible que Dieu soit infini, sans parties ? – Oui. Je vous veux donc faire voir une chose infinie et indivisible.

C’est un point se mouvant partout d’une vitesse infinie.

Car il est un en tous lieux et est tout entier en chaque endroit.

Que cet effet de nature, qui vous semblait impossible auparavant, vous fasse connaître qu’il peut y en avoir d’autres que vous ne connaissez pas encore. Ne tirez pas cette conséquence de votre apprentissage qu’il ne vous reste rien à savoir, mais qu’il vous reste infiniment à savoir.

Has Pascal thus got a conception of a space-filling curve?

(680)–(397)–421–477

Il est faux que nous soyons dignes que les autres nous aiment. Il est injuste que nous le voulions. Si nous naissions raisonnables et indifférents, et connaissant nous et les autres, nous ne donnerions point cette inclination à notre volonté. Nous naissons pourtant avec elle, nous naissons donc injustes. Car tout tend à soi. Cela est contre tout ordre. Il faut tendre au général, et la pente vers soi est le commencement de tout désordre, en guerre, en police, en économie, dans le corps particulier de l’homme.

La volonté est donc dépravée. Si les membres des communautés naturelles et civiles tendent au bien du corps, les communautés elles‑mêmes doivent tendre à un autre corps plus général dont elles sont membres. L’on doit donc tendre au général. Nous naissons donc injustes et dépravés.

We are born unjust: in original sin?

On how a body part cannot keep all nourishment for itself, see the fifth reading, Morale Chrétienne, starting at 392–360–482.

(680)–(397)–(421)–606

Nulle religion que la nôtre n’a enseigné que l’homme naît en péché. Nulle secte de philosophes ne l’a dit. Nulle n’a donc dit vrai.

Nulle secte ni religion n’a toujours été sur la terre que la religion chrétienne.

On the latter point, Christianity is the science of (680)–(397)–425–604 below.

Original sin has been taken up as follows.

  • Third reading, Excellence (221–189–547): En [Jésus-Christ] et par lui nous connaissons donc Dieu. Hors de là et sans l’Écriture, sans le péché originel, sans médiateur nécessaire, promis et arrivé, on ne peut prouver absolument Dieu, ni enseigner ni bonne doctrine, ni bonne morale.

  • Fourth reading, Rabbinage (309–278–446): Tradition ample du péché originel selon les Juifs.

  • Fifth reading, Preuves de Jésus-Christ (346–315–752): Moïse d’abord enseigne la Trinité, le péché originel, le Messie.

  • Ninth reading, Pensées diverses III (Série XXV) (574–589–695–445) Le péché originel est folie … Mais cette folie est plus sage … Car, sans cela, que dira-t-on qu’est l’homme ?

  • Eleventh reading, Pensées diverses VII (SÉRIE XXIX):

    • (653)–(662)–804–447 Dira‑t‑on que, pour avoir dit que la justice est partie de la terre, les hommes aient connu le péché originel ?
    • 656–665–809–230 Incompréhensible … que le péché originel soit et qu’il ne soit pas.
  • The present, twelfth reading:

    • Just above, in (680)–(397)–421–477: nous naissons donc injustes.
    • Below, in 683–401–430–431: Qui ne voit … que l’homme est égaré, qu’il est tombé de sa place, qu’il la cherche avec inquiétude, qu’il ne la peut plus retrouver ?
    • (683)–402–431–560 Nous ne concevons ni l’état glorieux d’Adam, ni la nature de son péché, ni la transmission qui s’en est faite en nous.

(680)–(397)–426–542

Il n’y a que la religion chrétienne qui rende l’homme aimable et heureux tout ensemble. Dans l’honnêteté on ne peut être aimable et heureux ensemble.

It makes a big difference, how one understands honnêteté. Trotter retains the ambiguity; Ariew interprets.

Trotter:
“The Christian religion alone makes man altogether lovable and happy. In honesty, we cannot perhaps be altogether lovable and happy.”
Ariew:
“The Christian religion alone makes man altogether lovable and happy. In polite society we cannot be both lovable and happy.”

Perhaps Ariew is attempting to express the meaning of Littré, who uses the pensée to illustrate the definition,

Ensemble des qualités qui font l’honnête homme, l’homme accompli selon le monde.

However, the qualities of honesty are not the same thing as the society that might value them. Here is Furetière:

HONNESTETÉ. ſ. f. Pureté de mœurs. On ne doit pas ſouffrir l’impreſſion des livres que pechent contre l’honneſteté publique, les regles de l’honneſteté sont les regles de la bienſeance, des bonnes mœurs. l’honneſteté des femmes, c’eſt la chaſteté, la modeſtie, la pudeur, la retenuë. l’honneſteté des hommes, eſt une maniere d’agir juſte, ſincere, courtoiſe, obligeante, civile. Il m’a fait cent honneſtetez, quand je l’ay eſté voir. jay trouvé de l’honneſteté dans toutes ſes actions.

On appelle auſſi une honneſteté, un preſent mediocre qu’on fait à ceux qui nous ont rendu quelque ſervice; une eſpece de ſalaire dont on n’eſtoit point convenu, & qu’on donne de ſa bonne volonté.

Recall also, from the tenth reading, 643–652–778–68 (and my own ensuing discussion of the “gentleman”):

On n’apprend point aux hommes à être honnêtes hommes et on leur apprend tout le reste. Et ils ne se piquent jamais tant de savoir rien du reste comme d’être honnêtes hommes. Ils ne se piquent de savoir que la seule chose qu’ils n’apprennent point.

Below, in 681–398–427–194, will be discussed

ce même homme qui passe tant de jours et de nuits dans la rage et dans le désespoir pour la perte d’une charge ou pour quelque offense imaginaire à son honneur, c’est celui‑là même qui sait qu’il va tout perdre par la mort, sans inquiétude et sans émotion.

Already we have seen, in (680)–(397)–426–542, as if it is a good thing, that by acting like a believer, Vous serez fidèle, honnête, humble, reconnaissant, bienfaisant, ami sincère, véritable …

In the present fragment, Christianity attempts the impossible, and the pensée may be counted under the general theme of Deus absconditus.

(680)–(397)–424–278

C’est le cœur qui sent Dieu et non la raison. Voilà ce que c’est que la foi. Dieu sensible au cœur, non à la raison.

(680)–(397)–423–277

Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point : on le sait en mille choses.

Je dis que le cœur aime

  • l’être universel naturellement et
  • soi‑même naturellement

selon qu’il s’y adonne, et il se durcit contre l’un ou l’autre à son choix. Vous avez rejeté l’un et conservé l’autre. Est-ce par raison que vous vous aimez ?

(680)–(397)–425–604

La seule science qui est contre le sens commun et la nature des hommes, est la seule qui ait toujours subsisté parmi les hommes.

This science is the theology of Christianity?

Preuves par discours II (SÉRIE III)

Fragment n° 1 / 7

681–398–427–194

Qu’ils apprennent au moins quelle est la religion qu’ils combattent avant que de la combattre. Si cette religion se vantait d’avoir une vue claire de Dieu et de la posséder à découvert et sans voile, ce serait la combattre que de dire qu’on ne voit rien dans le monde qui la montre avec cette évidence. Mais puisqu’elle dit au contraire que les hommes sont dans les ténèbres et dans l’éloignement de Dieu, qu’il s’est caché à leur connaissance, que c’est même le nom qu’il se donne dans les Écritures, Deus absconditus ; et, enfin, si elle travaille également à établir ces deux choses :

  • que Dieu a établi des marques sensibles dans l’Église pour se faire reconnaître à ceux qui le chercheraient sincèrement, et
  • qu’il les a couvertes néanmoins de telle sorte qu’il ne sera aperçu que de ceux qui le cherchent de tout leur cœur,

quel avantage peuvent‑ils tirer, lorsque dans la négligence où ils font profession d’être de chercher la vérité, ils crient que rien ne la leur montre, puisque cette obscurité où ils sont, et qu’ils objectent à l’Église, ne fait qu’établir une des choses qu’elle soutient sans toucher à l’autre et établit sa doctrine bien loin de la ruiner ?

Il faudrait pour la combattre qu’ils criassent qu’ils ont fait tous leurs efforts pour chercher partout et même dans ce que l’Église propose pour s’en instruire, mais sans aucune satisfaction. S’ils parlaient de la sorte, ils combattraient à la vérité une de ces prétentions. Mais j’espère montrer ici qu’il n’y a personne raisonnable qui puisse parler de la sorte et j’ose même dire que jamais personne ne l’a fait. On sait assez de quelle manière agissent ceux qui sont dans cet esprit. Ils croient avoir fait de grands efforts pour s’instruire, lorsqu’ils ont employé quelques heures à la lecture de quelque livre de l’Écriture, et qu’ils ont interrogé quelque ecclésiastique sur les vérités de la foi. Après cela, ils se vantent d’avoir cherché sans succès dans les livres et parmi les hommes. Mais en vérité je leur dirais ce que j’ai dit souvent, que cette négligence n’est pas supportable. Il ne s’agit pas ici de l’intérêt léger de quelque personne étrangère, pour en user de cette façon. Il s’agit de nous‑mêmes et de notre tout.

L’immortalité de l’âme est une chose qui nous importe si fort, qui nous touche si profondément, qu’il faut avoir perdu tout sentiment pour être dans l’indifférence de savoir ce qui en est. Toutes nos actions et nos pensées doivent prendre des routes si différentes, selon qu’il y aura des biens éternels à espérer ou non, qu’il est impossible de faire une démarche avec sens et jugement qu’en la réglant par la vue de ce point qui doit être notre dernier objet.

Ainsi notre premier intérêt et notre premier devoir est de nous éclaircir sur ce sujet d’où dépend toute notre conduite. Et c’est pourquoi, entre ceux qui n’en sont pas persuadés, je fais une extrême différence de ceux qui travaillent de toutes leurs forces à s’en instruire, à ceux qui vivent sans s’en mettre en peine et sans y penser.

Je ne puis avoir que de la compassion pour ceux qui gémissent sincèrement dans ce doute, qui le regardent comme le dernier des malheurs, et qui n’épargnant rien pour en sortir font de cette recherche leurs principales et leurs plus sérieuses occupations.

Mais pour ceux qui passent leur vie sans penser à cette dernière fin de la vie et qui, par cette seule raison qu’ils ne trouvent pas en eux‑mêmes les lumières qui les en persuadent, négligent de les chercher ailleurs et d’examiner à fond si cette opinion est de celles que le peuple reçoit par une simplicité crédule, ou de celles qui, quoique obscures d’elles‑mêmes, ont néanmoins un fondement très solide et inébranlable, je les considère d’une manière toute différente.

Cette négligence en une affaire où il s’agit d’eux-mêmes, de leur éternité, de leur tout, m’irrite plus qu’elle ne m’attendrit, elle m’étonne et m’épouvante, c’est un monstre pour moi. Je ne dis pas ceci par le zèle pieux d’une dévotion spirituelle. J’entends au contraire qu’on doit avoir ce sentiment par un principe d’intérêt humain et par un intérêt d’amour propre. Il ne faut pour cela que voir ce que voient les personnes les moins éclairées.

Il ne faut pas avoir l’âme fort élevée pour comprendre qu’il n’y a point ici de satisfaction véritable et solide, que tous nos plaisirs ne sont que vanité, que nos maux sont infinis, et qu’enfin la mort qui nous menace à chaque instant doit infailliblement nous mettre dans peu d’années dans l’horrible nécessité d’être éternellement ou anéantis ou malheureux.

Il n’y a rien de plus réel que cela ni de plus terrible. Faisons tant que nous voudrons les braves : voilà la fin qui attend la plus belle vie du monde. Qu’on fasse réflexion là‑dessus et qu’on dise ensuite s’il n’est pas indubitable qu’il n’y a de bien en cette vie qu’en l’espérance d’une autre vie, qu’on n’est heureux qu’à mesure qu’on s’en approche, et que, comme il n’y aura plus de malheurs pour ceux qui avaient une entière assurance de l’éternité, il n’y a point aussi de bonheur pour ceux qui n’en ont aucune lumière.

C’est donc assurément un grand mal que d’être dans ce doute. Mais c’est au moins un devoir indispensable de chercher quand on est dans ce doute. Et ainsi celui qui doute et qui ne cherche pas est tout ensemble et bien malheureux et bien injuste. Que s’il est avec cela tranquille et satisfait, qu’il en fasse profession, et enfin qu’il en fasse vanité, et que ce soit de cet état même qu’il fasse le sujet de sa joie et de sa vanité, je n’ai point de termes pour qualifier une si extravagante créature.

Où peut‑on prendre ces sentiments ? Quel sujet de joie trouve‑t‑on à n’attendre plus que des misères sans ressource ? Quel sujet de vanité de se voir dans des obscurités impénétrables, et comment se peut‑il faire que ce raisonnement‑ci se passe dans un homme raisonnable ?

Je ne sais qui m’a mis au monde, ni ce que c’est que le monde, ni que moi‑même. Je suis dans une ignorance terrible de toutes choses. Je ne sais ce que c’est que mon corps, que mes sens, que mon âme et cette partie même de moi qui pense ce que je dis, qui fait réflexion sur tout et sur elle‑même, et ne se connaît non plus que le reste. Je vois ces effroyables espaces de l’univers qui m’enferment, et je me trouve attaché à un coin de cette vaste étendue, sans que je sache pourquoi je suis plutôt placé en ce lieu qu’en un autre, ni pourquoi ce peu de temps qui m’est donné à vivre m’est assigné à ce point plutôt qu’en un autre de toute l’éternité qui m’a précédé et de toute celle qui me suit.

Je ne vois que des infinités de toutes parts qui m’enferment comme un atome et comme une ombre qui ne dure qu’un instant sans retour.

Tout ce que je connais est que je dois bientôt mourir, mais ce que j’ignore le plus est cette mort même que je ne saurais éviter.

Comme je ne sais d’où je viens, aussi je ne sais où je vais, et je sais seulement qu’en sortant de ce monde je tombe pour jamais ou dans le néant, ou dans les mains d’un Dieu irrité, sans savoir à laquelle de ces deux conditions je dois être éternellement en partage. Voilà mon état, plein de faiblesse et d’incertitude. Et de tout cela je conclus que je dois donc passer tous les jours de ma vie sans songer à chercher ce qui doit m’arriver. Peut‑être que je pourrais trouver quelque éclaircissement dans mes doutes, mais je n’en veux pas prendre la peine ni faire un pas pour le chercher. Et après, en traitant avec mépris ceux qui se travailleront de ce soin, je veux aller sans prévoyance et sans crainte tenter un si grand événement, et me laisser mollement conduire à la mort, dans l’incertitude de l’éternité de ma condition future.

Qui souhaiterait d’avoir pour ami un homme qui discourt de cette manière ? Qui le choisirait entre les autres pour lui communiquer ses affaires ? Qui aurait recours à lui dans ses afflictions ?

Et enfin, à quel usage de la vie on le pourrait destiner ?

En vérité, il est glorieux à la religion d’avoir pour ennemis des hommes si déraisonnables, et leur opposition lui est si peu dangereuse, qu’elle sert au contraire à l’établissement de ses vérités. Car la foi chrétienne ne va presque qu’à établir ces deux choses : la corruption de la nature, et la rédemption de Jésus‑Christ. Or, je soutiens que s’ils ne servent pas à montrer la vérité de la rédemption par la sainteté de leurs mœurs, ils servent au moins admirablement à montrer la corruption de la nature par des sentiments si dénaturés.

Rien n’est si important à l’homme que son état. Rien ne lui est si redoutable que l’éternité. Et ainsi, qu’il se trouve des hommes indifférents à la perte de leur être et au péril d’une éternité de misères, cela n’est point naturel. Ils sont tout autres à l’égard de toutes les autres choses : ils craignent jusqu’aux plus légères, ils les prévoient, ils les sentent, et ce même homme qui passe tant de jours et de nuits dans la rage et dans le désespoir pour la perte d’une charge ou pour quelque offense imaginaire à son honneur, c’est celui‑là même qui sait qu’il va tout perdre par la mort, sans inquiétude et sans émotion. C’est une chose monstrueuse de voir dans un même cœur et en même temps cette sensibilité pour les moindres choses et cette étrange insensibilité pour les plus grandes.

C’est un enchantement incompréhensible, et un assoupissement surnaturel, qui marque une force toute-puissante qui le cause.

Il faut qu’il y ait un étrange renversement dans la nature de l’homme pour faire gloire d’être dans cet état dans lequel il semble incroyable qu’une seule personne puisse être. Cependant l’expérience m’en fait voir en si grand nombre que cela serait surprenant, si nous ne savions que la plupart de ceux qui s’en mêlent se contrefont et ne sont pas tels en effet. Ce sont des gens qui ont ouï dire que les belles manières du monde consistent à faire ainsi l’emporté. C’est ce qu’ils appellent avoir secoué le joug, et qu’ils essayent d’imiter. Mais il ne serait pas difficile de leur faire entendre combien ils s’abusent en cherchant par là de l’estime. Ce n’est pas le moyen d’en acquérir, je dis même parmi les personnes du monde qui jugent sainement des choses et qui savent que la seule voie d’y réussir est de se faire paraître honnête, fidèle, judicieux et capable de servir utilement son ami, parce que les hommes n’aiment naturellement que ce qui leur peut être utile. Or quel avantage y a‑t‑il pour nous à ouïr dire à un homme qui nous dit qu’il a donc secoué le joug, qu’il ne croit pas qu’il y ait un Dieu qui veille sur ses actions, qu’il se considère comme seul maître de sa conduite et qu’il ne pense en rendre compte qu’à soi‑même ? Pense‑t‑il nous avoir porté par là à avoir désormais bien de la confiance en lui et en attendre des consolations, des conseils et des secours dans tous les besoins de la vie ? Prétendent‑ils nous avoir bien réjoui, de nous dire qu’ils tiennent que notre âme n’est qu’un peu de vent et de fumée, et encore de nous le dire d’un ton de voix fier et content ? Est‑ce donc une chose à dire gaiement ? Et n’est‑ce pas une chose à dire tristement, au contraire, comme la chose du monde la plus triste ?

Quelque certitude qu’ils eussent, c’est un sujet de désespoir plutôt que de vanité.

S’ils y pensaient sérieusement, ils verraient que cela est si mal pris, si contraire au bon sens, si opposé à l’honnêteté et si éloigné en toutes manières de ce bon air qu’ils cherchent, qu’ils seraient plutôt capables de redresser que de corrompre ceux qui auraient quelque inclination à les suivre. Et en effet, faites‑leur rendre compte de leurs sentiments et des raisons qu’ils ont de douter de la religion. Ils vous diront des choses si faibles et si basses, qu’ils vous persuaderont du contraire. C’était ce que leur disait un jour fort à propos une personne : Si vous continuez à discourir de la sorte, leur disait‑il, en vérité vous me convertirez. Et il avait raison, car qui n’aurait horreur de se voir dans des sentiments où l’on a pour compagnons des personnes si méprisables ?

Ainsi ceux qui ne font que feindre ces sentiments seraient bien malheureux de contraindre leur naturel pour se rendre les plus impertinents des hommes. S’ils sont fâchés dans le fond de leur cœur de n’avoir pas plus de lumière, qu’ils ne le dissimulent pas, cette déclaration ne sera point honteuse. Il n’y a de honte qu’à n’en point avoir. Rien n’accuse davantage une extrême faiblesse d’esprit que ne pas connaître quel est le malheur d’un homme sans Dieu. Rien ne marque davantage une mauvaise disposition du cœur que de ne pas souhaiter la vérité des promesses éternelles. Rien n’est plus lâche que de faire le brave contre Dieu. Qu’ils laissent donc ces impiétés à ceux qui sont assez mal nés pour en être véritablement capables. Qu’ils soient au moins honnêtes gens s’ils ne peuvent être chrétiens, et qu’ils reconnaissent enfin qu’il n’y a que deux sortes de personnes qu’on puisse appeler raisonnables : ou ceux qui servent Dieu de tout leur cœur parce qu’ils le connaissent, ou ceux qui le cherchent de tout leur cœur parce qu’ils ne le connaissent pas.

Mais pour ceux qui vivent sans le connaître et sans le chercher, ils se jugent eux‑mêmes si peu dignes de leur soin qu’ils ne sont pas dignes du soin des autres et qu’il faut avoir toute la charité de la religion qu’ils méprisent pour ne les pas mépriser jusqu’à les abandonner dans leur folie. Mais, parce que cette religion nous oblige de les regarder toujours, tant qu’ils seront en cette vie, comme capables de la grâce qui peut les éclairer, et de croire qu’ils peuvent être dans peu de temps plus remplis de foi que nous ne sommes, et que nous pouvons au contraire tomber dans l’aveuglement où ils sont, il faut faire pour eux ce que nous voudrions qu’on fît pour nous si nous étions à leur place, et les appeler à avoir pitié d’eux‑mêmes et à faire au moins quelques pas pour tenter s’ils ne trouveront pas de lumières. Qu’ils donnent à cette lecture quelques‑unes de ces heures qu’ils emploient si inutilement ailleurs : quelque aversion qu’ils y apportent, peut‑être rencontreront‑ils quelque chose, et pour le moins ils n’y perdront pas beaucoup. Mais pour ceux qui y apportent une sincérité parfaite et un véritable désir de rencontrer la vérité, j’espère qu’ils auront satisfaction, et qu’ils seront convaincus des preuves d’une religion si divine, que j’ai ramassées ici, et dans lesquelles j’ai suivi à peu près cet ordre.

If there is no good in this life but hope for another, why should that other be any better? Pascal did praise the hunt over the prise (or the taking) in the second reading, 134–101–324: Le peuple a les opinions très saines. Par exemple: D’avoir choisi le divertissement, et la chasse plutôt que la prise. This may be ironic though, since he goes on to say in 168–136–139,

tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre …

De là vient que le jeu et la conversation des femmes, la guerre, les grands emplois sont si recherchés. Ce n’est pas qu’il y ait en effet du bonheur, ni qu’on s’imagine que la vraie béatitude soit d’avoir l’argent qu’on peut gagner au jeu ou dans le lièvre qu’on court, on n’en voudrait pas s’il était offert. Ce n’est pas cet usage mol et paisible et qui nous laisse penser à notre malheureuse condition qu’on recherche ni les dangers de la guerre ni la peine des emplois, mais c’est le tracas qui nous détourne d’y penser et nous divertit.

…………………….

Raison pourquoi on aime mieux la chasse que la prise.

……………………

Fragment n° 2 / 7

682–399–428–195

Avant que d’entrer dans les preuves de la religion chrétienne, je trouve nécessaire de représenter l’injustice des hommes qui vivent dans l’indifférence de chercher la vérité d’une chose

  • qui leur est si importante, et
  • qui les touche de si près.

De tous leurs égarements, c’est sans doute celui

  • qui les convainc le plus de folie et d’aveuglement, et
  • dans lequel il est le plus facile de les confondre par les premières vues du sens commun et par les sentiments de la nature.

Car il est indubitable

  • que le temps de cette vie n’est qu’un instant,
  • que l’état de la mort est éternel, de quelque nature qu’il puisse être, et
  • qu’ainsi toutes nos actions et nos pensées doivent prendre des routes si différentes selon l’état de cette éternité,
    • qu’il est impossible de faire une démarche avec sens et jugement
      • qu’en la réglant par la vue de ce point
        • qui doit être notre dernier objet.

Il n’y a rien de plus visible que cela et qu’ainsi, selon les principes de la raison, la conduite des hommes est tout à fait déraisonnable, s’ils ne prennent une autre voie. Que l’on juge donc là‑dessus de ceux

  • qui vivent sans songer à cette dernière fin de la vie,
  • qui,
    • se laissant conduire à leurs inclinations et à leurs plaisirs sans réflexion et sans inquiétude, et
    • comme s’ils pouvaient anéantir l’éternité en en détournant leur pensée,

    ne pensent à se rendre heureux que dans cet instant seulement.

Cependant

  • cette éternité subsiste, et
  • la mort,
    • qui la doit ouvrir et
    • qui les menace à toute heure,

    les doit mettre infailliblement dans peu de temps dans l’horrible nécessité d’être éternellement

    • ou anéantis
    • ou malheureux,

    sans qu’ils sachent laquelle de ces éternités leur est à jamais préparée.

Voilà un doute d’une terrible conséquence. Ils sont dans le péril de l’éternité de misères, et sur cela, comme si la chose n’en valait pas la peine, ils négligent d’examiner si c’est

  • de ces opinions que le peuple reçoit avec une facilité trop crédule, ou
  • de celles qui, étant obscures d’elles‑mêmes, ont un fondement très solide, quoique caché.

Ainsi

  • ils ne savent
    • s’il y a vérité ou fausseté dans la chose, ni
    • s’il y a force ou faiblesse dans les preuves.
  • Ils les ont devant les yeux ;
  • ils refusent d’y regarder, et dans cette ignorance,
  • ils prennent le parti
    • de faire tout ce qu’il faut pour tomber dans ce malheur au cas qu’il soit,
    • d’attendre à en faire l’épreuve à la mort,
    • d’être cependant fort satisfaits en cet état,
    • d’en faire profession et enfin
    • d’en faire vanité.

Peut‑on penser sérieusement à l’importance de cette affaire sans avoir horreur d’une conduite si extravagante ?

Ce repos dans cette ignorance est une chose

  • monstrueuse, et
  • dont il faut faire sentir l’extravagance et la stupidité à ceux qui y passent leur vie, en la leur représentant à eux‑mêmes, pour les confondre par la vue de leur folie.

Car voici comment raisonnent les hommes, quand ils choisissent de vivre dans cette ignorance de ce qu’ils sont et sans en rechercher d’éclaircissement. Je ne sais, disent‑ils.

Why does Pascal care? We may well have a natural sympathy for those who are suffering on their own terms; but Pascal’s concern is for those who are enjoying themselves.

(682)–400–429–229

Voilà ce que je vois et ce qui me trouble. Je regarde de toutes parts, et je ne vois partout qu’obscurité. La nature ne m’offre rien qui ne soit matière de doute et d’inquiétude.

  • Si je n’y voyais rien qui marquât une divinité, je me déterminerais à la négative ;
  • si je voyais partout les marques d’un créateur, je reposerais en paix dans la foi.

Mais, voyant

  • trop pour nier et
  • trop peu pour m’assurer,

je suis en un état

  • à plaindre, et
  • où j’ai souhaité cent fois
    • que, si un Dieu la soutient, elle le marquât sans équivoque ; et
    • que, si les marques qu’elle en donne sont trompeuses, qu’elle les supprimât tout à fait ;
    • qu’elle dît tout ou rien, afin que je visse quel parti je dois suivre.

Au lieu qu’en l’état où je suis, ignorant

  • ce que je suis et
  • ce que je dois faire,

je ne connais

  • ni ma condition,
  • ni mon devoir.

Mon cœur tend tout entier à connaître où est le vrai bien, pour le suivre ; rien ne me serait trop cher pour l’éternité.

Je porte envie à ceux que je vois dans la foi vivre avec tant de négligence, et qui usent si mal d’un don duquel il me semble que je ferais un usage si différent.

From the first reading, (38)–(3)–244:

Et quoi ne dites‑vous pas vous‑même que le ciel et les oiseaux prouvent Dieu ? Non. Et votre religion ne le dit‑elle pas ? Non. Car encore que cela est vrai en un sens pour quelques âmes à qui Dieu donna cette lumière, néanmoins cela est faux à l’égard de la plupart.

Fragment n° 3 / 7

683–401–430–431

Nul autre n’a connu que l’homme est la plus excellente créature.

  • Les uns, qui ont bien connu la réalité de son excellence, ont pris pour lâcheté et pour ingratitude les sentiments bas que les hommes ont naturellement d’eux‑mêmes ; et
  • les autres, qui ont bien connu combien cette bassesse est effective, ont traité d’une superbe ridicule ces sentiments de grandeur qui sont aussi naturels à l’homme.

  • Levez vos yeux vers Dieu, disent les uns. Voyez celui auquel vous ressemblez et qui vous a fait pour l’adorer. Vous pouvez vous rendre semblable à lui, la sagesse vous y égalera si vous voulez le suivre.

Haussez la tête, hommes libres, dit Épictète.

  • Et les autres lui disent : Baissez les yeux vers la terre, chétif ver que vous êtes, et regardez les bêtes dont vous êtes le compagnon.

Que deviendra donc l’homme ? Sera‑t‑il égal à Dieu ou aux bêtes ? Quelle effroyable distance ! Que serons‑nous donc ? Qui ne voit par tout cela que l’homme est égaré, qu’il est tombé de sa place, qu’il la cherche avec inquiétude, qu’il ne la peut plus retrouver ? Et qui l’y adressera donc ? Les plus grands hommes ne l’ont pu.

Original sin. Those who see the possibility of redemption are with Collingwood, again in Religion and Philosophy (p. 53) :

The whole value of an example is lost unless it is historical. If an athlete tries to equal the feats of Herakles, or an engineer spends his life trying to recover the secret of the man who invented a perpetual-motion machine, they are merely deluding themselves with false hopes if Herakles and the supposed inventor never lived. The Good Samaritan’s action is the kind of thing that any good man might do ; it is typical of a kind of conduct which we see around us and know to be both admirable and possible. But if the life of Jesus is a myth, it is more preposterous to ask a man to imitate it than to ask him to imitate Herakles. Any valid command must guarantee the possibility of carrying it out ; and the historical life of Jesus is the guarantee that man can be perfect if he will.

See the scriptural instances of the injunction to be perfect, under 651–660–799–612 at the beginning of the last reading.

(683)–402–431–560

Nous ne concevons

  • ni l’état glorieux d’Adam,
  • ni la nature de son péché,
  • ni la transmission qui s’en est faite en nous.

Ce sont choses qui se sont passées dans l’état d’une nature toute différente de la nôtre et qui passent l’état de notre capacité présente.

Tout cela nous serait inutile à savoir pour en sortir et tout ce qu’il nous importe de connaître est que

  • nous sommes misérables, corrompus, séparés de Dieu, mais
  • rachetés par Jésus‑Christ ;

et c’est de quoi nous avons des preuves admirables sur la terre.

Ainsi, les deux preuves de la corruption et de la rédemption se tirent

  • des impies, qui vivent dans l’indifférence de la religion, et
  • des Juifs, qui en sont les ennemis irréconciliables.

A translation difficulty. Ariew almost perfectly copies Trotter, who however ignores the en in qui en sont les ennemis; Ariew makes it “its,” but “their” seems possible too.

Trotter:
So the two proofs of corruption and redemption are drawn from the ungodly, who live in indifference to religion, and from the Jews who are irreconcilable enemies.
Ariew:
Thus the two proofs of corruption and redemption are drawn from the ungodly, who live in indifference to religion, and from the Jews, who are its irreconcilable enemies.

Christianity was created by Jews, such as the Apostles and Paul, so it doesn’t make a lot of sense to call Jews the irreconcilable ennemies of the religion. Moreover, that Jews are enemies of the impious is something Pascal is going to say in the next reading, (690)–417–447–769:

La conversion des païens n’était réservée qu’à la grâce du Messie. Les Juifs ont été si longtemps à les combattre sans succès.

Nonetheless, the comment on the present fragment in the Port-Royal edition of the Pensées does seem to suggest the meaning of Jews’ being enemies of Christianity:

Les impies qui s’abandonnent aveuglément à leurs passions sans connaître Dieu, et sans se mettre en peine de le chercher, vérifient par eux-mêmes ce fondement de la foi qu’ils combattent, qui est que la nature des hommes est dans la corruption. Et les Juifs qui combattent si opiniâtrement la Religion Chrétienne, vérifient encore cet autre fondement de cette même foi qu’ils attaquent, qui est que Jésus-Christ est le véritable Messie, et qu’il est venu racheter les hommes, et les retirer de la corruption et de la misère où ils étaient …

In any case, the Jews did (and do) expect a redeemer. To believe in the possibility of redemption is to prove that it is possible. This would seem to be a so-called “ontological proof” (or it is that, if one is Jewish or agrees with the Jews).

(Preuves par discours II) SÉRIE IV

Fragment n° 4 / 7

684–403–432–194a,194b,195

Amour propre, et parce que c’est une chose qui nous intéresse assez pour nous en émouvoir, d’être assurés qu’après tous les maux de la vie une mort inévitable qui nous menace à chaque instant doit infailliblement, dans peu d’années … dans l’horrible nécessité …

 

Les trois conditions.

 

Il ne faut pas dire de cela que c’est une marque de raison.

 

C’est tout ce que pourrait faire un homme qui serait assuré de la fausseté de cette nouvelle ; encore ne devrait‑il pas en être dans la joie mais dans l’abattement.

 

Rien n’est important que cela, et on ne néglige que cela.

 

Notre imagination nous

  • grossit si fort le temps présent à force d’y faire des réflexions continuelles, et
  • amoindrit tellement l’éternité, manque d’y faire réflexion,

que nous faisons de l’éternité un néant, et du néant une éternité, et tout cela a ses racines si vives en nous que toute notre raison ne nous en peut défendre et que …

 

Je leur demanderais s’il n’est pas vrai qu’ils vérifient par eux‑mêmes ce fondement de la foi qu’ils combattent, qui est que la nature des hommes est dans la corruption.

The three conditions can be of persons, as in the third reading, 192–160–257:

Il y a trois sortes de personnes : les uns qui servent Dieu l’ayant trouvé, les autres qui s’emploient à le chercher ne l’ayant pas trouvé, les autres qui vivent sans le chercher ni l’avoir trouvé.

It is imagination that now explains 681–398–427–194, where the third sort were discussed: celui qui doute et qui ne cherche pas est tout ensemble et bien malheureux et bien injuste.

Fragment n° 5 / 7

685–404–433–783

Alors Jésus‑Christ vient dire aux hommes

  • qu’ils n’ont point d’autres ennemis qu’eux‑mêmes,
  • que ce sont leurs passions qui les séparent de Dieu,
  • qu’il vient pour les détruire et pour leur donner sa grâce afin de faire d’eux tous une Église sainte.

  • Qu’il vient ramener dans cette Église

    • les païens et
    • les Juifs,
  • qu’il vient détruire

    • les idoles des uns et
    • la superstition des autres.

À cela s’opposent tous les hommes,

  • non seulement par l’opposition naturelle de la concupiscence,
  • mais par‑dessus tous les rois de la terre s’unissent pour abolir cette religion naissante comme cela avait été prédit.

Prophétie : Quare fremuerunt gentes … reges terrae … adversus Christum.

Tout ce qu’il y a de grand sur la terre s’unit :

les savants, les sages, les rois.
Les uns écrivent, les autres condamnent, les autres tuent.

Et nonobstant toutes ces oppositions, ces gens simples et sans force résistent à toutes ces puissances et se soumettent même ces rois, ces savants, ces sages, et ôtent l’idolâtrie de toute la terre. Et tout cela se fait par la force qui l’avait prédit.

Psalm 2 (complete):

WHY do the heathen rage, and the people imagine a vain thing?
2 The kings of the earth set themselves, and the rulers take counsel together, against the Lord, and against his anointed, saying,
3 Let us break their bands asunder, and cast away their cords from us.
4 He that sitteth in the heavens shall laugh: the Lord shall have them in derision.
5 Then shall he speak unto them in his wrath, and vex them in his sore displeasure.
6 Yet have I set my king upon my holy hill of Zion.
7 I will declare the decree: the Lord hath said unto me, Thou art my Son; this day have I begotten thee.
8 Ask of me, and I shall give thee the heathen for thine inheritance, and the uttermost parts of the earth for thy possession.
9 Thou shalt break them with a rod of iron; thou shalt dash them in pieces like a potter’s vessel.
10 Be wise now therefore, O ye kings: be instructed, ye judges of the earth.
11 Serve the Lord with fear, and rejoice with trembling.
12 Kiss the Son, lest he be angry, and ye perish from the way, when his wrath is kindled but a little. Blessed are all they that put their trust in him.

Fragment n° 6 / 7

686–405–434–199

Qu’on s’imagine un nombre d’hommes dans les chaînes, et tous condamnés à la mort, dont les uns étant chaque jour égorgés à la vue des autres, ceux qui restent voient leur propre condition dans celle de leurs semblables, et, se regardant l’un l’autre avec douleur et sans espérance, attendent à leur tour.

Those men are we, and there’s a small chance of escaping, and we do not bother to pursue it?

Fragment n° 7 / 7

687–406–435–621

La Création et le Déluge étant passés, et Dieu ne devant

  • plus détruire le monde,
  • non plus que le recréer,
  • ni donner de ces grandes marques de lui,

il commença d’établir un peuple sur la terre, formé exprès, qui devait durer jusqu’au peuple que le Messie formerait par son esprit.

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    […] 680–87 […]

  2. By Pascal, Pensées, S 688–719 « Polytropy on May 8, 2021 at 11:44 am

    […] « Pascal, Pensées, S 680–687 […]

  3. By Judaism for Pascal « Polytropy on May 13, 2021 at 10:09 am

    […] the twelfth reading, to somebody looking for faith, Pascal recommended acting as if he already had it. For the person […]

  4. By Pascal, Pensées, S 755–790 « Polytropy on June 1, 2021 at 1:34 pm

    […] the person who wanted faith was urged to act as if he had it, in the twelfth reading, 680–397–418–233 (“The […]

  5. By Hostility and Hospitality « Polytropy on June 15, 2021 at 4:07 am

    […] appeals to selfishness in our twelfth reading, in Sellier fragment 680, called “Discourse of the Machine.” This features the famous Wager, in […]

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