Pascal, Pensées, S 329–414

The present reading of the Pensées of Pascal comprises the following sections, each consisting of the fragments given in the numberings of Sellier and Lafuma:

  • PREUVES DE JÉSUS-CHRIST (S 329–53, L 298–322)

    I see two points:

    • There are three orders, of body, mind, and wisdom. As Archimedes is above most of us in mind (or spirit), Jesus is above him and everybody else in wisdom (or charity).

    • Through the Babylonian Captivity, the Jewish people were sustained by their prophets, who passed along the promise that the sceptre would be returned. The Romans took the worldly or carnal sceptre away again, and it has not been returned.

  • PROPHÉTIES (S 354–80, L 323–48)

    The last point is fleshed out more, and there is a definition:

    Prophétiser c’est parler de Dieu, non par preuves du dehors, mais par sentiment intérieur et immédiat.

  • FIGURES PARTICULIÈRES (S 381–2, L 349–50)

    Two short fragments, one possibly alluding to the three orders above:

    Double loi, doubles tables de la loi, double temple, double captivité.

    There are doubles, or pairs, in the next section:

  • MORALE CHRÉTIENNE (S 383–408, L 351–76)

    We are vile and in the image of God, and the Christian is neither abject nor proud about it. We are so miserable that only a god can save us. We should understand ourselves as members of a body.

  • CONCLUSION (S 409–14, L 377–82)

    There’s a long distance between knowing and loving God. Miracles don’t convert, but condemn. You can be a believer without the Bible; you just cannot convert anybody else.

As usual, having started out as the raw text, this post continues to be marked up more and more as I read.


XXIII. PREUVES DE JÉSUS-CHRIST

329–298–283

L’ordre. Contre l’objection que l’Écriture n’a pas d’ordre.

Le cœur a son ordre. L’esprit a le sien qui est par principe et démonstration. Le cœur en a un autre. On ne prouve pas qu’on doit être aimé en exposant d’ordre les causes de l’amour, cela serait ridicule.

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Jésus-Christ, saint Paul ont l’ordre de la charité, non de l’esprit, car ils voulaient échauffer, non instruire.

Saint Augustin de même. Cet ordre consiste principalement à la digression sur chaque point qui a rapport à la fin, pour la montrer toujours.

Order here seems at first to be a method of arrangement; but then it becomes one of the three ranks – body, mind, wisdom or charity – to be taken up again in 339–308–793.


330–299–742 L’Évangile ne parle de la virginité de la vierge que jusques à la naissance de Jésus-Christ. Tout par rapport à Jésus-Christ.


331–300–786 Jésus-Christ dans une obscurité (selon ce que le monde appelle obscurité), telle que les historiens n’écrivant que les importantes choses des états l’ont à peine aperçu.


332–301–772

Sainteté.

Effundam spiritum meum [“I will pour out my spirit” (Isaiah 44:3, Joel 2:28)]. Tous les peuples étaient dans l’infidélité et dans la concupiscence, toute la terre fut ardente de charité : les princes quittent leur grandeur, les filles souffrent le martyre. D’où vient cette force? c’est que le Messie est arrivé. Voilà l’effet et les marques de sa venue.


333–302–809 Les combinaisons des miracles.


334–303–799 Un artisan qui parle des richesses, un procureur qui parle de la guerre, de la royauté, etc., mais le riche parle bien des richesses, le roi parle froidement d’un grand don qu’il vient de faire, et Dieu parle bien de Dieu.


335–304–743

Preuves de Jésus-Christ

Pourquoi le livre de Ruth, conservé.

Pourquoi l’histoire de Thamar.


336–305–638

Preuves de Jésus-Christ

Ce n’est pas avoir été captif que de l’avoir été avec assurance d’être délivré, dans soixante-dix ans, mais maintenant ils le sont sans aucun espoir.

Dieu leur a promis qu’encore qu’il les dispersât aux bouts du monde, néanmoins s’ils étaient fidèles à sa loi il les rassemblerait. Ils y sont très fidèles et demeurent opprimés.

That Jews have remained faithful to the Law and are still oppressed means Jesus must have been the Savior?

On the supposed seventy years of Babylonian captivity, we have

  • Jeremiah 25:

    11 And this whole land shall be a desolation, and an astonishment; and these nations shall serve the king of Babylon seventy years.

    12 And it shall come to pass, when seventy years are accomplished, that I will punish the king of Babylon, and that nation, saith the Lord, for their iniquity, and the land of the Chaldeans, and will make it perpetual desolations.

  • Jeremiah 29:

    10 For thus saith the Lord, That after seventy years be accomplished at Babylon I will visit you, and perform my good word toward you, in causing you to return to this place.

    11 For I know the thoughts that I think toward you, saith the Lord, thoughts of peace, and not of evil, to give you an expected end.

  • Daniel 9:

    1 In the first year of Darius the son of Ahasuerus, of the seed of the Medes, which was made king over the realm of the Chaldeans;

    2 In the first year of his reign I Daniel understood by books the number of the years, whereof the word of the Lord came to Jeremiah the prophet, that he would accomplish seventy years in the desolations of Jerusalem.

    3 And I set my face unto the Lord God, to seek by prayer and supplications, with fasting, and sackcloth, and ashes:

    4 And I prayed unto the Lord my God, and made my confession, and said, O Lord, the great and dreadful God, keeping the covenant and mercy to them that love him, and to them that keep his commandments;

    5 We have sinned, and have committed iniquity, and have done wickedly, and have rebelled, even by departing from thy precepts and from thy judgments:


337–306–763 Les Juifs en éprouvant s’il était Dieu ont montré qu’il était homme.

Meaning, a god in their sense could not have been put to death?


338–307–764 L’Église a eu autant de peine à montrer que Jésus-Christ était homme, contre ceux qui le niaient qu’à montrer qu’il était Dieu, et les apparences étaient aussi grandes.

Yes, ambiguity is hard to deal with. Be god or man, fine; but both?


339–308–793 La distance infinie des corps aux esprits figure la distance infiniment plus infinie des esprits à la charité car elle est surnaturelle.

There’s a divided line, so to speak, but divided at only one point. The endpoints are body and charity; the point of division, spirit or mind.

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Tout l’éclat des grandeurs n’a point de lustre pour les gens qui sont dans les recherches de l’esprit.

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La grandeur des gens d’esprit est invisible aux rois, aux riches, aux capitaines, à tous ces grands de chair.

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La grandeur de la sagesse, qui n’est nulle sinon de Dieu, est invisible aux charnels et aux gens d’esprit. Ce sont trois ordres différents de genre.

Now wisdom or modesty takes the place of charity?

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Les grands génies ont leur empire, leur éclat, leur grandeur, leur victoire et leur lustre, et n’ont nul besoin des grandeurs charnelles où elles n’ont pas de rapport. Ils sont vus, non des yeux mais des esprits. C’est assez.

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[Les saints ont leur empire,] leur éclat, leur victoire, leur lustre et n’ont nul besoin des grandeurs charnelles ou spirituelles, où elles n’ont nul rapport, car elles n’y ajoutent ni ôtent. Ils sont vus de Dieu et des anges et non des corps ni des esprits curieux. Dieu leur suffit.

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Archimède sans éclat serait en même vénération. Il n’a pas donné des batailles pour les yeux, mais il a fourni à tous les esprits ses inventions. Ô qu’il a éclaté aux esprits !

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Jésus-Christ sans biens, et sans aucune production au-dehors de science, est dans son ordre de sainteté. Il n’a point donné d’inventions, il n’a point régné, mais il a été humble, patient, saint, saint, saint à Dieu, terrible aux démons, sans aucun péché. Ô qu’il est venu en grande pompe et en une prodigieuse magnificence aux yeux du cœur et qui voient la sagesse !

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Il eût été inutile à Archimède de faire le prince dans ses livres de géométrie, quoiqu’il le fût.

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Il eût été inutile à Notre Seigneur Jésus-Christ pour éclater dans son règne de sainteté de venir en roi, mais il y est bien venu avec l’éclat de son ordre.

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Il est bien ridicule de se scandaliser de la bassesse de Jésus-Christ, comme si cette bassesse était du même ordre duquel est la grandeur qu’il venait faire paraître.

Qu’on considère cette grandeur‑là dans sa vie, dans sa passion, dans son obscurité, dans sa mort, dans l’élection des siens, dans leur abandonnement, dans sa secrète résurrection et dans le reste. On la verra si grande qu’on n’aura pas sujet de se scandaliser d’une bassesse qui n’y est pas.

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Mais il y en a

  • qui ne peuvent admirer que les grandeurs charnelles comme s’il n’y en avait pas de spirituelles.

Et d’autres

  • qui n’admirent que les spirituelles comme s’il n’y en avait pas d’infiniment plus hautes dans la sagesse.

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Tous les corps, le firmament, les étoiles, la terre et ses royaumes, ne valent pas le moindre des esprits. Car il connaît tout cela, et soi, et les corps rien.

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Tous les corps ensemble et tous les esprits ensemble et toutes leurs productions ne valent pas le moindre mouvement de charité. Cela est d’un ordre infiniment plus élevé.

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  • De tous les corps ensemble on ne saurait en faire réussir une petite pensée.

Cela est impossible et d’un autre ordre.

  • De tous les corps et esprits on n’en saurait tirer un mouvement de vraie charité.

Cela est impossible et d’un autre ordre surnaturel.


340–309–797

Preuves de Jésus-Christ

Jésus-Christ a dit les choses grandes

  • si simplement qu’il semble qu’il ne les a pas pensées, et

  • si nettement néanmoins qu’on voit bien ce qu’il en pensait.

Cette clarté jointe à cette naïveté est admirable.


341–310–801

Preuv. de Jésus-Christ

L’hypothèse des apôtres fourbes est bien absurde. Qu’on la suive tout au long, qu’on s’imagine ces douze hommes assemblés après la mort de Jésus-Christ, faisant le complot de dire qu’il est ressuscité. Ils attaquent par là toutes les puissances. Le cœur des hommes est étrangement penchant à la légèreté, au changement, aux promesses, aux biens, si peu que l’un de ceux-là se fût démenti par tous ces attraits, et qui plus est par les prisons, par les tortures et par la mort, ils étaient perdus. Qu’on suive cela.


342–311–640 C’est une chose étonnante et digne d’une étrange attention de voir ce peuple juif subsister depuis tant d’années et de le voir toujours misérable, étant nécessaire pour la preuve de Jésus-Christ et qu’il subsiste pour le prouver et qu’il soit misérable, puisqu’ils l’ont crucifié. Et quoiqu’il soit contraire d’être misérable et de subsister il subsiste néanmoins toujours malgré sa misère.

Is reading the Pensées henceforth like reading Mein Kampf (which I have not read)? In 270–238–645 Pascal said,

Dieu voulant priver les siens des biens périssables pour montrer que ce n’était pas par impuissance, il a fait le peuple juif.

I struggle to understand what the impuissance [it’s in the OED!] would be. Actually I struggle to understand the whole thing, but the putative misery of the Jews would seem to be the responsibility of God here.


343–312–697

Prodita lege. [Lis les prophéties.]

Impleta cerne. [Vois ce qui est accompli.]

Implenda collige. [Recueille ce qui reste à accomplir.]

344–313–569

Canoniques.

Les hérétiques au commencement de l’Église servent à prouver les canoniques.

It takes heresy to make orthodoxy.


345–314–639 Quand Nabuchodonosor emmena le peuple de peur qu’on ne crût que le sceptre fût ôté de Juda il leur fut dit auparavant qu’ils y seraient peu, et qu’ils y seraient, et qu’ils seraient rétablis.

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Ils furent toujours consolés par les prophètes ; leurs rois continuèrent.

Mais la seconde destruction est sans promesse de rétablissement, sans prophètes, sans roi, sans consolation, sans espérance parce que le sceptre est ôté pour jamais.

The sceptre (made bold by me throughout) will be mentioned again in

  • 369–337–753

  • 371–339–738

  • 374–342–637

The allusion is evidently to Genesis 49:10.

10 The sceptre shall not depart from Judah, nor a lawgiver from between his feet, until Shiloh come; and unto him shall the gathering of the people be.

The verse happens to provide an example of how some people latch onto Biblical obscurities. The linked Wikipedia article, “Shiloh (biblical figure),” concerns the person mentioned only in this passage. The article currently (March 13, 2021) mentions a Muslim belief that the person is Muhammad. The cited source is David Benjamin Keldani (1867–c. 1940). The Internet Archive has a poor transcription of his work called Muhammad in the Bible. A text file of his work is at www.muhammad.com.

The Wikipedia article “Muhammad and the Bible” used to have a section “Genesis 49” with the claim about Shiloh, but somebody using IP address 70.49.181.61 finally removed it as unsourced in the revision of 17:57, 10 November 2018, having first removed the sources Keldani (at 3:18 that day) and then Kais Al Kalby (at 17:56) for being “unreliable.” I would question the meaning of reliability in this context. Al Kalby, at least, has a traditional publisher (namely Tahrike Tarsile Qur-an) for his book, Prophet Muhammad – The Last Messenger in the Bible.


346–315–752 Moïse d’abord enseigne la Trinité, le péché originel, le Messie.

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David grand témoin.

Roi, bon, pardonnant, belle âme, bon esprit, puissant. Il prophétise et son miracle arrive. Cela est infini.

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Il n’avait qu’à dire qu’il était le Messie s’il eût eu de la vanité, car les prophéties sont plus claires de lui que de Jésus-Christ.

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Et saint Jean de même.


347–316–800 Qui a appris aux évangélistes les qualités d’une âme parfaitement héroïque, pour la peindre si parfaitement en Jésus-Christ? Pourquoi le font-ils faible dans son agonie? Ne savent-ils pas peindre une mort constante? Oui, car le même saint Luc peint celle de saint Étienne plus forte que celle de Jésus-Christ.

Ils le font capable de crainte, avant que la nécessité de mourir soit arrivée, et ensuite tout fort.

Mais quand ils le font si troublé c’est quand il se trouble lui-même et quand les hommes le troublent il est fort.

In Luke’s treatment, each of Jesus and Stephen makes the prayer that God will take him and forgive his killers; I don’t know what is “stronger” in the treatment of Stephen.

  • Luke 23:

    33 And when they were come to the place, which is called Calvary, there they crucified him, and the malefactors, one on the right hand, and the other on the left.

    34 Then said Jesus, Father, forgive them; for they know not what they do. And they parted his raiment, and cast lots.

    42 And he [one of the malefactors] said unto Jesus, Lord, remember me when thou comest into thy kingdom.

    43 And Jesus said unto him, Verily I say unto thee, To day shalt thou be with me in paradise.

    46 And when Jesus had cried with a loud voice, he said, Father, into thy hands I commend my spirit: and having said thus, he gave up the ghost.

  • The end of Acts 7:

    55 But he, being full of the Holy Ghost, looked up stedfastly into heaven, and saw the glory of God, and Jesus standing on the right hand of God,

    56 And said, Behold, I see the heavens opened, and the Son of man standing on the right hand of God.

    57 Then they cried out with a loud voice, and stopped their ears, and ran upon him with one accord,

    58 And cast him out of the city, and stoned him: and the witnesses laid down their clothes at a young man’s feet, whose name was Saul.

    59 And they stoned Stephen, calling upon God, and saying, Lord Jesus, receive my spirit.

    60 And he kneeled down, and cried with a loud voice, Lord, lay not this sin to their charge. And when he had said this, he fell asleep.


348–317–701 Le zèle des Juifs pour leur loi et leur temple. Josèphe et Philon Juif, ad Caium.

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Quel autre peuple a un tel zèle, il fallait qu’ils l’eussent.

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Jésus-Christ prédit quant au temps et à l’état du monde. Le duc ôté de la cuisse, et la quatrième monarchie.

The four kingdoms of Daniel will come up also at the end of this fragment and in three fragments of the “Prophecies” section:

  • 367–336–709

  • 370–338–724

  • 371–339–738

The kingdoms appear first in Daniel’s description and interpretation of a dream of Nebuchadnezzar:

31 ¶ Thou, O king, sawest, and behold a great image. This great image, whose brightness was excellent, stood before thee; and the form thereof was terrible.

32 This image’s head was of fine gold, his breast and his arms of silver, his belly and his thighs of brass,

33 His legs of iron, his feet part of iron and part of clay.

36 ¶ This is the dream; and we will tell the interpretation thereof before the king.

37 Thou, O king, art a king of kings: for the God of heaven hath given thee a kingdom, power, and strength, and glory.

38 And wheresoever the children of men dwell, the beasts of the field and the fowls of the heaven hath he given into thine hand, and hath made thee ruler over them all. Thou art this head of gold.

39 And after thee shall arise another kingdom inferior to thee, and another third kingdom of brass, which shall bear rule over all the earth.

40 And the fourth kingdom shall be strong as iron: forasmuch as iron breaketh in pieces and subdueth all things: and as iron that breaketh all these, shall it break in pieces and bruise.

41 And whereas thou sawest the feet and toes, part of potters’ clay, and part of iron, the kingdom shall be divided; but there shall be in it of the strength of the iron, forasmuch as thou sawest the iron mixed with miry clay.

Apparently there are various interpretations, one being that the kingdoms are the empires of the

  1. Babylonians,

  2. Medes and Persians,

  3. Greeks,

  4. Romans.

Pascal suggests something like this at the end of the present fragment. By what criterion does he or anybody else decide that an interpretation is correct? “Eyes of faith”?

We see in the book of Daniel that Nebuchadnezzar accepts Daniel’s interpretation, but not why, unless it be that Daniel has also described the dream in the first place, when the Chaldeans could not.

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Qu’on est heureux d’avoir cette lumière dans cette obscurité.

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Qu’il est beau de voir par les yeux de la foi,

  • Darius et Cyrus,

  • Alexandre,

  • les Romains, Pompée et Hérode,

agir sans le savoir pour la gloire de l’Évangile.


349–318–755 La discordance apparente des évangiles.


350–319–699 La synagogue a précédé l’Église, les Juifs les chrétiens. Les prophètes ont prédit les chrétiens. Saint Jean. Jésus-Christ.


351–320–178 Macrobe. Des innocents tués par Hérode.


352–321–600 Tout homme peut faire ce qu’a fait Mahomet car il n’a point fait de miracles, il n’a point été prédit. Nul homme ne peut faire ce qu’a fait Jésus-Christ.

Begging the question! One may count the Quran as miraculous. One may count Muhammad as the Messiah of the Arabs.


353–322–802 Les apôtres ont été trompés ou trompeurs. L’un et l’autre est difficile. Car il n’est pas possible de prendre un homme pour être ressuscité.

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Tandis que Jésus-Christ était avec eux, il les pouvait soutenir, mais après cela, s’il ne leur est apparu, qui les a fait agir ?

XXIV. PROPHÉTIES

354–323–773

Ruine des Juifs et des païens par Jésus‑Christ.

Omnes gentes venient et adorabunt eum.

Parum est ut, etc. Is.

Postula a me …

Adorabunt eum omnes reges.

Testes iniqui …

Dabit maxillam percutienti.

Dederunt fel in escam.

Quoted in 254–221–774 was Parum est ut from Isaiah 49:6:

It is a light thing that thou shouldest be my servant to raise up the tribes of Jacob, and to restore the preserved of Israel: I will also give thee for a light to the Gentiles, that thou mayest be my salvation unto the end of the earth.


355–324–730 Qu’alors l’idolâtrie serait renversée, que ce Messie abattrait toutes les idoles et ferait entrer les hommes dans le culte du vrai Dieu.

Que les temples des idoles seraient abattus et que parmi toutes les nations et en tous les lieux du monde lui serait offerte une hostie pure, non point des animaux.


356–325–733 Qu’il enseignerait aux hommes la voie parfaite.

Et jamais il n’est venu ni devant ni après aucun homme qui ait enseigné rien de divin approchant de cela.


357–324–730 Qu’il serait roi des Juifs et des gentils, et voilà ce roi des Juifs et des gentils opprimé par les uns et les autres qui conspirent à sa mort dominant des uns et des autres, et détruisant et le culte de Moïse dans Jérusalem, qui en était le centre, dont il fait sa première Église et le culte des idoles dans Rome qui en était le centre et dont il fait sa principale Église.


358–326–694 Et ce qui couronne tout cela est la prédiction afin qu’on ne dît point que c’est le hasard qui l’a fait.

Quiconque n’ayant plus que huit jours à vivre ne trouvera pas que le parti est de croire que tout cela n’est pas un coup du hasard.

Or si les passions ne nous tenaient point, huit jours et cent ans sont une même chose.

Compare 5–386–203 from the first session:

Fascinatio nugacitatis [Fascination de la frivolité (Sagesse 4:12)].

——-

Afin que la passion ne nuise point faisons comme s’il n’y avait que huit jours de vie.

If we have no sense of impending death, then passion lets us dismiss religion, since Jesus Christ must have fulfilled the prophecies by chance. A sense of mortality clarifies things.


359–327–770 Après que bien des gens sont venus devant, il est venu enfin Jésus-Christ dire : Me voici et voici le temps. Ce que les prophètes ont dit devoir advenir dans la suite des temps, je vous dis que mes apôtres le vont faire. Les Juifs vont être rebutés. Jérusalem sera bientôt détruite et les païens vont entrer dans la connaissance de Dieu. Mes apôtres le vont faire après que vous aurez tué l’héritier de la vigne.

Et puis les apôtres ont dit aux Juifs : Vous allez être maudits. Et aux païens : Vous allez entrer dans la connaissance de Dieu. Et cela est arrivé alors.

Celsus s’en moquait.


360–328–732 Qu’alors on n’enseignera plus son prochain disant : « Voici le Seigneur », car Dieu se fera sentir à tous. Vos fils prophétiseront. Je mettrai mon esprit et ma crainte en votre cœur.

Tout cela est la même chose.

Prophétiser c’est parler de Dieu, non par preuves du dehors, mais par sentiment intérieur et immédiat.


361–329–734 Que Jésus-Christ serait petit en son commencement et croîtrait ensuite.

La petite pierre de Daniel.

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Si je n’avais ouï parler en aucune sorte du Messie, néanmoins après les prédictions si admirables de l’ordre du monde que je vois accomplies, je vois que cela est divin, et si je savais que ces mêmes livres prédissent un Messie je m’assurerais qu’il serait venu, et voyant qu’ils mettent son temps avant la destruction du second temple je dirais qu’il serait venu.


362–330–725

Prophéties.

La conversion des Égyptiens.

Is. 19, 19.

Un autel en Égypte au vrai Dieu.

Isaiah 19:

19 In that day shall there be an altar to the Lord in the midst of the land of Egypt, and a pillar at the border thereof to the Lord.


363–331–748 Au temps du Messie ce peuple se partage.

Les spirituels ont embrassé le Messie, les grossiers sont demeurés pour lui servir de témoins.


364–332–710

Prophéties.

Quand un seul homme aurait fait un livre des prédictions de Jésus-Christ pour le temps et pour la manière, et que Jésus-Christ serait venu conformément à ces prophéties, ce serait une force infinie.

Mais il y a bien plus ici. C’est une suite d’hommes durant quatre mille ans qui constamment et sans variations viennent l’un ensuite de l’autre prédire ce même avènement. C’est un peuple tout entier qui l’annonce et qui subsiste depuis quatre mille années pour rendre en corps témoignage des assurances qu’ils en ont, et dont ils ne peuvent être divertis par quelques menaces et persécutions qu’on leur fasse. Ceci est tout autrement considérable.

See 348–317–701 on the four monarchies.


365–333–708

Prophéties.

Le temps prédit par l’état du peuple juif, par l’état du peuple païen, par l’état du temple, par le nombre des années.


366–334–716 Osée 3.

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Isaïe 42 ; 48. Je l’ai prédit depuis longtemps afin qu’on sût que c’est moi ; 54, 60, 61, dernier.

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Jaddus à Alexandre.


367–336–709 Il faut être hardi pour prédire une même chose en tant de manières.

Il fallait que les quatre monarchies, idolâtres ou païennes, la fin du règne de Juda, et les soixante-dix semaines arrivassent en même temps, et le tout avant que le second temple fût détruit.

See 348–317–701 on the four monarchies. Like the seventy years of 336–305–638, The seventy weeks are in Daniel 9:

24 Seventy weeks are determined upon thy people and upon thy holy city, to finish the transgression, and to make an end of sins, and to make reconciliation for iniquity, and to bring in everlasting righteousness, and to seal up the vision and prophecy, and to anoint the most Holy.

25 Know therefore and understand, that from the going forth of the commandment to restore and to build Jerusalem unto the Messiah the Prince shall be seven weeks, and threescore and two weeks: the street shall be built again, and the wall, even in troublous times.

26 And after threescore and two weeks shall Messiah be cut off, but not for himself: and the people of the prince that shall come shall destroy the city and the sanctuary; and the end thereof shall be with a flood, and unto the end of the war desolations are determined.

27 And he shall confirm the covenant with many for one week: and in the midst of the week he shall cause the sacrifice and the oblation to cease, and for the overspreading of abominations he shall make it desolate, even until the consummation, and that determined shall be poured upon the desolate.

The seventy weeks come up also in

  • 370–338–724.

  • 373–341–723.


368–335–706 La plus grande des preuves de Jésus-Christ sont les prophéties. C’est aussi à quoi Dieu a le plus pourvu, car l’événement qui les a remplies est un miracle subsistant depuis la naissance de l’Église jusques à la fin. Aussi Dieu a suscité des prophètes durant mille six cents ans et pendant quatre cents ans après il a dispersé toutes ces prophéties avec tous les Juifs qui les portaient dans tous les lieux du monde. Voilà quelle a été la préparation à la naissance de Jésus-Christ dont l’Évangile devant être cru de tout le monde, il a fallu non seulement qu’il y ait eu des prophéties pour le faire croire mais que ces prophéties fussent par tout le monde pour le faire embrasser par tout le monde.

See 348–317–701 on the four monarchies. The 1600 + 400 years are said to begin with Abraham and end with Jesus Christ.


369–337–753 Hérode cru le Messie. Il avait ôté le sceptre de Juda, mais il n’était pas de Juda. Cela fit une secte considérable.

Et Barcosba et un autre reçu par les Juifs. Et le bruit qui était partout en ce temps‑là.

Suétone, Tacite, Josèphe.

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Comment fallait‑il que fût le Messie, puisque par lui le sceptre devait être éternellement en Juda et qu’à son arrivée le sceptre devait être ôté de Juda ?

——-

Pour faire qu’en voyant ils ne voient point et qu’en entendant ils n’entendent point, rien ne pouvait être mieux fait.

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Malédiction des grecs [Juifs] contre ceux qui comptent les périodes des temps.

See 345–314–639 on the sceptre mentioned in Genesis 49:

10 The sceptre shall not depart from Judah, nor a lawgiver from between his feet, until Shiloh come; and unto him shall the gathering of the people be.

The prophecy is either false or figurative.


370–338–724

Prédictions.

Qu’en la quatrième monarchie, avant la destruction du second temple, avant que la domination des Juifs fût ôtée en la soixante-dixième semaine de Daniel, pendant la durée du second temple, les païens seraient instruits et amenés à la connaissance du Dieu adoré par les Juifs ; que ceux qui l’aiment seraient délivrés de leurs ennemis, remplis de sa crainte et de son amour. Et il est arrivé qu’en la quatrième monarchie, avant la destruction du second temple, etc., les païens en foule adorent Dieu et mènent une vie angélique.

——-

Les filles consacrent à Dieu leur virginité et leur vie, les hommes renoncent à tous plaisirs. Ce que Platon n’a pu persuader à quelque peu d’hommes choisis et si instruits, une force secrète le persuade à cent milliers d’hommes ignorants, par la vertu de peu de paroles.

Les riches quittent leurs biens, les enfants quittent la maison délicate de leurs pères pour aller dans l’austérité d’un désert, etc. Voyez Philon juif.

Qu’est‑ce que tout cela ? c’est ce qui a été prédit si longtemps auparavant.

  • Depuis deux mille années aucun païen n’avait adoré le Dieu des Juifs et

  • dans le temps prédit la foule des païens adore cet unique Dieu.

Les [temples] sont détruits, les rois mêmes se soumettent à la croix. Qu’est‑ce que tout cela ? C’est l’esprit de Dieu qui est répandu sur la terre.

Nul païen depuis Moïse jusqu’à Jésus-Christ selon les rabbins mêmes, la foule des païens après Jésus-Christ croit les livres de Moïse et en observe l’essence et l’esprit et n’en rejette que l’inutile.

See 348–317–701 on the four monarchies, 367–336–709 on the seventy weeks.


371–339–738 Les prophètes ayant donné diverses marques qui devaient toutes arriver à l’avènement du Messie, il fallait que toutes ces marques arrivassent en même temps. Ainsi il fallait que la quatrième monarchie fût venue lorsque les septante semaines de Daniel seraient accomplies et que le sceptre fût alors ôté de Juda. Et tout cela est arrivé sans aucune difficulté. Et qu’alors il arrivât le Messie, et Jésus-Christ est arrivé alors, qui s’est dit le Messie. Et tout cela est encore sans difficulté et cela marque bien la vérité des prophéties.

See 345–314–639 on the sceptre, 348–317–701 on the four monarchies.


372–340–720 Non habemus regem nisi Cæsarem. Donc Jésus-Christ était le Messie puisqu’ils n’avaient plus de roi qu’un étranger et qu’ils n’en voulaient point d’autre.

John 19:

15 But they cried out, Away with him, away with him, crucify him. Pilate saith unto them, Shall I crucify your King? The chief priests answered, We have no king but Caesar.


373–341–723

Prophéties.

Les soixante-dix semaines de Daniel sont équivoques pour le terme du commencement à cause des termes de la prophétie, et pour le terme de la fin à cause des diversités des chronologistes. Mais toute cette différence ne va qu’à deux cents ans.

See 367–336–709 on the seventy weeks.


374–342–637

Prophéties.

Le sceptre ne fut point interrompu par la captivité de Babylone à cause que leur retour était prompt et prédit.

See 345–314–639 on the sceptre.


375–343–695

Prophéties.

Le grand Pan est mort.

The story is in “De Defectu Oraculorum,” in Volume V of the fifteen Loeb volumes of Plutarch’s Moralia:

The father of Aemilianus the orator, to whom some of you have listened, was Epitherses, who lived in our town and was my teacher in grammar. He said that once upon a time in making a voyage to Italy he embarked on a ship carrying freight and many passengers. It was already evening when, near the Echinades Islands, the wind dropped, and the ship drifted near Paxi. Almost everybody was awake, and a good many had not finished their after-dinner wine. Suddenly from the island of Paxi was heard the voice of someone loudly calling Thamus, so that all were amazed. Thamus was an Egyptian pilot, not known by name even to many on board. Twice he was called and made no reply, but the third time he answered; and the caller, raising his voice, said, ‘When you come opposite to Palodes, announce that Great Pan is dead.’ On hearing this, all, said Epitherses, were astounded and reasoned among themselves whether it were better to carry out the order or to refuse to meddle and let the matter go. Under the circumstances Thamus made up his mind that if there should be a breeze, he would sail past and keep quiet, but with no wind and a smooth sea about the place he would announce what he had heard. So, when he came opposite Palodes, and there was neither wind nor wave, Thamus from the stern, looking toward the land, said the words as he had heard them: ‘Great Pan is dead.’ Even before he had finished there was a great cry of lamentation, not of one person, but of many, mingled with exclamations of amazement. As many persons were on the vessel, the story was soon spread abroad in Rome, and Thamus was sent for by Tiberius Caesar. Tiberius became so convinced of the truth of the story that he caused an inquiry and investigation to be made about Pan; and the scholars, who were numerous at his court, conjectured that Ehe was the son born of Hermes and Penelopê.


376–344–756 Que peut‑on avoir sinon de la vénération d’un homme qui prédit clairement des choses qui arrivent et qui déclare son dessein et d’aveugler et d’éclaircir et qui mêle des obscurités parmi des choses claires qui arrivent ?


377–345–727 bis Parum est ut [“It is a light thing”]. Is. Vocation des Gentils.

On Parum est ut see 354–323–773.


378–346–729

Prédictions.

Il est prédit qu’au temps du Messie il viendrait établir une nouvelle alliance qui ferait oublier la sortie d’Égypte (Jér. 23. 5, Is. 43. 16) qui mettrait sa loi non dans l’extérieur mais dans le cœur ; qu’il mettrait sa crainte qui n’avait été qu’au-dehors, dans le milieu du cœur. Qui ne voit la loi chrétienne en tout cela ?

The references do not seem exactly to justify the claim about the law:

Jeremiah 23:

5 Behold, the days come, saith the Lord, that I will raise unto David a righteous Branch, and a King shall reign and prosper, and shall execute judgment and justice in the earth.

Isaiah 43:

16 Thus saith the Lord, which maketh a way in the sea, and a path in the mighty waters;

Well, we were told earlier about how God is hidden.


379–347–735

Prophétie[s].

Que les Juifs réprouveraient Jésus-Christ et qu’ils seraient réprouvés de Dieu par cette raison. Que la vigne élue ne donnerait que du verjus. Que le peuple choisi serait infidèle, ingrat et incrédule : Populum non credentem et contradicentem [“But to Israel he saith, All day long I have stretched forth my hands unto a disobedient and gainsaying people” (Romans 10:21)].

[Deuteronomy] 28. 28[–29]. Que Dieu les frappera d’aveuglement et qu’ils tâtonneraient en plein midi comme les aveugles.

Qu’un précurseur viendrait avant lui.


380–348–718 Le règne éternel de la race de David (2. Chron.) par toutes les prophéties et avec serment. Et n’est point accompli temporellement. Jér. 33. 20.

Jeremiah 33:

20 Thus saith the Lord; If ye can break my covenant of the day, and my covenant of the night, and that there should not be day and night in their season;

21 Then may also my covenant be broken with David my servant, that he should not have a son to reign upon his throne; and with the Levites the priests, my ministers.

XXV. FIGURES PARTICULIÈRES

381–349–652

Figures particulières.

Double loi, doubles tables de la loi, double temple, double captivité.


382–350–623 Japhet commence la généalogie.

——-

Joseph [Jacob] croise ses bras et préfère le jeune.

XXVI. MORALE CHRÉTIENNE

383–351–537 Le christianisme est étrange : il

  • ordonne à l’homme de reconnaître qu’il est vil et même abominable, et

  • lui ordonne de vouloir être semblable à Dieu.

Sans un tel contrepoids cette élévation le rendrait horriblement vain, ou cet abaissement le rendrait horriblement abject.


384–352–526 La misère persuade le désespoir.

L’orgueil persuade la présomption.

L’Incarnation montre à l’homme la grandeur de sa misère par la grandeur du remède qu’il a fallu.


385–353–529 Non pas un abaissement qui nous rende incapables du bien ni une sainteté exempte de mal.


386–354–524 Il n’y a point de doctrine plus propre à l’homme que celle-là qui l’instruit de sa double capacité de recevoir et de perdre la grâce à cause du double péril où il est toujours exposé de désespoir ou d’orgueil.


387–355–767 De tout ce qui est sur la terre, il ne prend part qu’aux déplaisirs non aux plaisirs. Il aime ses proches, mais sa charité ne se renferme pas dans ces bornes et se répand sur ses ennemis et puis sur ceux de Dieu.


388–356–539 Quelle différence entre un soldat et un chartreux quant à l’obéissance ? Car ils sont également obéissants et dépendants, et dans des exercices également pénibles ; mais le soldat espère toujours devenir maître et ne le devient jamais, car les capitaines et princes mêmes sont toujours esclaves et dépendants, mais il l’espère toujours, et travaille toujours à y venir, au lieu que le chartreux fait vœu de n’être jamais que dépendant. Ainsi ils ne diffèrent pas dans la servitude perpétuelle, que tous deux ont toujours, mais dans l’espérance que l’un a toujours et l’autre jamais.

See 393–361–209 for more on slavery.


389–357–541 Nul n’est heureux comme un vrai chrétien, ni raisonnable, ni vertueux, ni aimable.

Are we exhibiting the sin of pride here? See the next fragment.


390–358–538 Avec combien peu d’orgueil un chrétien se croit‑il uni à Dieu ! Avec combien peu d’abjection s’égale-t-il aux vers de la terre ! La belle manière de recevoir la vie et la mort, les biens et les maux.


391–359–481 Les exemples des morts généreuses des Lacédémoniens et autres ne nous touchent guère, car qu’est‑ce que cela nous apporte ?

Mais l’exemple de la mort des martyrs nous touche car ce sont nos membres. Nous avons un lien commun avec eux. Leur résolution peut former la nôtre, non seulement par l’exemple, mais parce qu’elle a peut-être mérité la nôtre.

Il n’est rien de cela aux exemples des païens. Nous n’avons point de liaison à eux. Comme on ne devient pas riche pour voir un étranger qui l’est, mais bien pour voir son père ou son mari qui le soient.

How is this other than religious nationalism?


392–360–482

Morale.

Dieu ayant fait le ciel et la terre qui ne sentent point le bonheur de leur être, il a voulu faire des êtres qui le connussent et qui composassent un corps de membres pensants. Car nos membres ne sentent point le bonheur de leur union, de leur admirable intelligence, du soin que la nature a d’y influer les esprits et de les faire croître et durer. Qu’ils seraient heureux s’ils le sentaient, s’ils le voyaient, mais il faudrait pour cela qu’ils eussent intelligence pour le connaître, et bonne volonté pour consentir à celle de l’âme universelle. Que si ayant reçu l’intelligence ils s’en servaient à retenir en eux‑mêmes la nourriture, sans la laisser passer aux autres membres, ils seraient non seulement injustes mais encore misérables, et se haïraient plutôt que de s’aimer, leur béatitude aussi bien que leur devoir consistant à consentir à la conduite de l’âme entière à qui ils appartiennent, qui les aime mieux qu’ils ne s’aiment eux‑mêmes.

The ideas come back in 401–368–474, Membres, and later.


393–361–209 Es-tu moins esclave pour être aimé et flatté de ton maître; tu as bien du bien, esclave, ton maître te flatte. Il te battra tantôt.

Slave of passions, flattered when you happen to find some satisfaction? Why not slave of God, flattered that he gave his son for you?

It was said in 388–356–539 that soldiers hoped some day to be masters, but would always be slaves, while monks at least know this.


394–362–472 La volonté propre ne satisfera jamais, quand elle aurait pouvoir de tout ce qu’elle veut; mais on est satisfait dès l’instant qu’on y renonce. Sans elle on ne peut être malcontent; par elle on ne peut être content.

The will comes back in 402–370–480 and later is being necessary for happiness, but not sufficient.

Meanwhile I assert that our will is not for our satisfaction in a crude sense, but for doing better than a mindless life would allow. In particular, it is for preventing what the next fragment describes.


395–363–914 Ils laissent agir la concupiscence et retiennent le scrupule, au lieu qu’il faudrait faire au contraire.


396–364–249 C’est être superstitieux de mettre son espérance dans les formalités, mais c’est être superbe de ne vouloir s’y soumettre.

Formalities such as the external forms of the sacraments, called devotion in the next fragment?


397–365–496 L’expérience nous fait voir une différence énorme entre la dévotion et la bonté.


{398, 399}–366–747 ter Deux sortes d’hommes en chaque religion.

Voyez Perpétuité.

Superstition, concupiscence.

There are the carnal and the spiritual. See 318–286–609, Deux sortes d’hommes en chaque religion, be it among the pagans or the Jews: those who adore animals and worldly things, and those who adore the sole god. Then 319–287–607 suggests a similar dichotomy for Christians: the carnal ones think the sacraments are enough, and we need not love God.


400–367–672

Point formaliste.

Quand saint Pierre et les apôtres délibèrent d’abolir la circoncision où il s’agissait d’agir contre la loi de Dieu, Ils ne consultent point les prophètes, mais simplement la réception du Saint‑Esprit en la personne des incirconcis.

Ils jugent plus sûr que Dieu approuve ceux qu’il remplit de son esprit que non pas qu’il faille observer la loi.

——-

Ils savaient que la fin de la loi n’était que le Saint-Esprit et qu’ainsi, puisqu’on l’avait bien sans circoncision, elle n’était pas nécessaire.

“But God gave us the Law!” Yes, but how do you know, and how do you know what you are supposed to do with it?


401–368–474

Membres.

Commencer par là.

Pour régler l’amour qu’on se doit à soi‑même il faut s’imaginer un corps plein de membres pensants, car nous sommes membres du tout, et voir comment chaque membre devrait s’aimer, etc.

——-

___–369–611

République.

La république chrétienne et même judaïque n’a eu que Dieu pour maître, comme remarque Philon Juif, De la monarchie.

Quand ils combattaient ce n’était que pour Dieu et n’espéraient principalement que de Dieu. Ils ne considéraient leurs villes que comme étant à Dieu et les conservaient pour Dieu. I. Paralip., 19. 13.

See 392–360–482 Morale above on how the body parts ought not to be selfish if they are intelligent.


402–370–480 Pour faire que les membres soient heureux il faut qu’ils aient une volonté et qu’ils la conforment au corps.


403–371–473 Qu’on s’imagine un corps plein de membres pensants.


404–372–483 Être membre est n’avoir

  • de vie,

  • d’être et

  • de mouvement

que

  • par l’esprit du corps et

  • pour le corps.

Le membre séparé ne voyant plus le corps auquel il appartient n’a plus qu’un être périssant et mourant. Cependant il croit être un tout et, ne se voyant point de corps dont il dépende, il croit ne dépendre que de soi et veut se faire centre et corps lui‑même. Mais n’ayant point en soi de principe de vie, il ne fait que s’égarer et s’étonne dans l’incertitude de son être, sentant bien qu’il n’est pas corps, et cependant ne voyant point qu’il soit membre d’un corps. Enfin quand il vient à se connaître, il est comme revenu chez soi et ne s’aime plus que pour le corps. Il plaint ses égarements passés.

Il ne pourrait pas par sa nature aimer une autre chose sinon pour soi‑même et pour se l’asservir, parce que chaque chose s’aime plus que tout.

Mais en aimant le corps il s’aime soi‑même, parce qu’il n’a d’être qu’en lui, par lui et pour lui. Qui adhaeret Deo unus spiritus est [“celui qui demeure attaché au Seigneur est un même esprit avec lui”].

——-

Le corps aime la main, et la main, si elle avait une volonté, devrait s’aimer de la même sorte que l’âme l’aime. Tout amour qui va au‑delà est injuste.

——-

Adhaerens Deo unus spiritus est [“demeurant attaché au Seigneur est un même esprit avec lui”]. On s’aime parce qu’on est membre de Jésus-Christ. On aime Jésus-Christ parce qu’il est le corps dont on est membre. Tout est un. L’un est en l’autre comme les trois personnes.


405–373–476 Il faut n’aimer que Dieu et ne haïr que soi.

——-

Si le pied avait toujours ignoré qu’il appartînt au corps et qu’il y eût un corps dont il dépendît, s’il n’avait eu que la connaissance et l’amour de soi et qu’il vînt à connaître qu’il appartient à un corps duquel il dépend, quel regret, quelle confusion de sa vie passée, d’avoir été inutile au corps qui lui a influé la vie, qui l’eût anéanti s’il l’eût rejeté et séparé de soi, comme il se séparait de lui ! Quelles prières d’y être conservé ! et avec quelle soumission se laisserait‑il gouverner à la volonté qui régit le corps, jusqu’à consentir à être retranché s’il le faut ! ou il perdrait sa qualité de membre ; car il faut que tout membre veuille bien périr pour le corps qui est le seul pour qui tout est.


406–374–475 Si les pieds et les mains avaient une volonté particulière, jamais ils ne seraient dans leur ordre qu’en soumettant cette volonté particulière à la volonté première qui gouverne le corps entier. Hors de là, ils sont dans le désordre et dans le malheur ; mais en ne voulant que le bien du corps, ils font leur propre bien.


407–375–503 Les philosophes ont consacré les vices en les mettant en Dieu même; les chrétiens ont consacré les vertus.

What is this about?


408–376–484 Deux lois suffisent pour régler toute la république chrétienne, mieux que toutes les lois politiques.

Love (1) God (2) your neighbor?

XXVII. CONCLUSION

409–377–280 Qu’il y a loin de la connaissance de Dieu à l’aimer.


410–378–470 Si j’avais vu un miracle, disent‑ils, je me convertirais. Comment assurent‑ils qu’ils feraient ce qu’ils ignorent ? Ils s’imaginent que cette conversion consiste en une adoration qui se fait de Dieu comme un commerce et une conversation telle qu’ils se la figurent. La conversion véritable consiste

  • à s’anéantir devant cet être universel qu’on a irrité tant de fois et qui peut vous perdre légitimement à toute heure,

  • à reconnaître

    • qu’on ne peut rien sans lui et

    • qu’on n’a rien mérité de lui que sa disgrâce.

Elle consiste à connaître

  • qu’il y a une opposition invincible entre Dieu et nous et

  • que sans un médiateur il ne peut y avoir de commerce.

The talk of commerce (which can just refer to relations, as in English) reminds me of the “wager” to come.


411–379–825 Les miracles ne servent pas à convertir mais à condamner. I. p. q. 113, a. 10, ad. 2.

The reference is apparently to Thomas Aquinas, under the question Utrum iustificatio impii sit opus miraculosumWhether the justification of the ungodly is miraculous”:

Praeterea, motus voluntatis ita est in anima, sicut inclinatio naturalis in rebus naturalibus. Sed quando Deus aliquid operatur in rebus naturalibus contra inclinationem naturae, est opus miraculosum, sicut cum illuminat caecum, vel suscitat mortuum. Voluntas autem impii tendit in malum. Cum igitur Deus, iustificando hominem, moveat eum in bonum, videtur quod iustificatio impii sit miraculosa.

(I haven’t find an English translation.)


412–380–284 Ne vous étonnez pas de voir des personnes simples croire sans raisonnement. Dieu leur donne l’amour de soi et la haine d’eux‑mêmes. Il incline leur cœur à croire. On ne croira jamais, d’une créance utile et de foi, si Dieu n’incline le cœur, et on croira dès qu’il l’inclinera.

Et c’est ce que David connaissait bien. Inclina cor meum, Deus, in, etc.


413–381–286 Ceux qui croient sans avoir lu les Testaments, c’est parce qu’ils ont une disposition intérieure toute sainte et que ce qu’ils entendent dire de notre religion y est conforme. Ils sentent qu’un Dieu les a faits. Ils ne veulent aimer que Dieu, ils ne veulent haïr qu’eux‑mêmes. Ils sentent qu’ils n’en ont pas la force d’eux‑mêmes, qu’ils sont incapables d’aller à Dieu et que si Dieu ne vient à eux ils sont incapables d’aucune communication avec lui, et ils entendent dire dans notre religion qu’il ne faut aimer que Dieu et ne haïr que soi‑même, mais qu’étant tous corrompus et incapables de Dieu, Dieu s’est fait homme pour s’unir à nous. Il n’en faut pas davantage pour persuader des hommes qui ont cette disposition dans le cœur et qui ont cette connaissance de leur devoir et de leur incapacité.


414–382–287 Ceux que nous voyons chrétiens sans la connaissance des prophéties et des preuves ne laissent pas d’en juger aussi bien que ceux qui ont cette connaissance. Ils en jugent par le cœur comme les autres en jugent par l’esprit. C’est Dieu lui‑même qui les incline à croire, et ainsi ils sont très efficacement persuadés.

On répondra que les infidèles diront la même chose. Mais je réponds à cela que nous avons des preuves que Dieu incline véritablement ceux qu’il aime à croire la religion chrétienne et que les infidèles n’ont aucune preuve de ce qu’ils disent. Et ainsi nos propositions étant semblables dans les termes, elles diffèrent en ce que l’une est sans aucune preuve et l’autre très solidement prouvée.

J’avoue bien qu’un de ces chrétiens qui croient sans preuve n’aura peut‑être pas de quoi convaincre un infidèle qui en dira autant de soi, mais ceux qui savent les preuves de la religion prouveront sans difficulté que ce fidèle est véritablement inspiré de Dieu, quoiqu’il ne pût le prouver lui‑même.

It has been plausibly asserted that a non-mathematician (an engineer, a physicist) may be able to teach calculus, but his or her students will not be able to.

Car Dieu ayant dit dans ses prophètes (qui sont indubitablement prophètes) que dans le règne de Jésus-Christ il répandrait son esprit sur les nations et que les fils, les filles et les enfants de l’Église prophétiseraient, il est sans doute que l’esprit de Dieu est sur ceux‑là et qu’il n’est point sur les autres.

3 Trackbacks

  1. By Pascal, Pensées, S 1–114 « Polytropy on March 13, 2021 at 6:23 pm

    […] [Fifth meeting] […]

  2. By Pascal, Pensées, S 452–90 « Polytropy on April 5, 2021 at 10:08 am

    […] came up twice in the last reading, 438–859–852 and 451–906–916. Before that, briefly in the fifth reading: 350–319–699 La synagogue a précédé l’Église, les Juifs les chrétiens. Les prophètes […]

  3. By Pascal, Pensées, S 612–650 « Polytropy on April 17, 2021 at 6:30 pm

    […] the fifth reading, […]

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